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 Un colis pour Mr Floyd ~ feat Tom Floyd

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MessageSujet: Un colis pour Mr Floyd ~ feat Tom Floyd   Sam 17 Mai - 14:01

Conditions réunies pour rendre une situation à priori simple particulièrement difficile
~ Accepter de rendre un service à son patron un dimanche soir largement après la fermeture de l'établissement. ~
~  Accepter d'aller rendre visite à quelqu'un que l'on ne connaît pas alors qu'on est d'un naturel réservé. ~
~ Un vélo vandalisé devant son lieu de travail. ~
~ Un violent orage. ~


Le big boss : "Mon dieu, il faut vraiment que j'y aille."
Lou : "Ben allez-y."
Le big boss : "Je ne peux pas, je dois finir la comptabilité avant de partir."
Lou : "Je peux aider ?"
Le big boss : "Tu t'y connais en comptabilité ?"
Lou : "Non."
Le big boss : "Alors je ne vois pas ... ha si tiens pourquoi pas, j'ai acheté des provisions pour un ami qui ne peux plus sortir de chez lui."
Lou : "Ha..."
Le big boss : "Il est du genre à avoir le frigo vide."
Lou : "Je veux bien les lui amener alors. J'irai à vélo."
Le big boss : "Merci. A charge de revanche."

Deux minutes plus tard, Lou était là, devant son vélo, une selle et une roue en moins. Je t'aimais bien tu sais. Je te trouverai bien un remplaçant en fouillant dans une ruelle. Elle qui croyait que se procurer de vieilles affaires presque bonnes à jeter lui permettait d'éviter la dégradation de ses biens. Elle s'était mis le doigt dans l’œil.

Trois minutes plus tard, Lou était là - un autre là. Non pas à l'arrêt cette fois-ci mais bel et bien en train de marcher. Dix minutes plus tard, le tonnerre gronde. Elle commence à accélérer le pas. Quinze minutes plus tard, le vent se lève. Elle accélère un peu plus. Dix-sept minutes plus tard la scène mérite d'être décrite en détail, comme un tableau figé dans le temps accroché au mur : une pluie battante tombe, les éclairs fusent, le tonnerre gronde en continu et de plus en plus fort, Lou est trempée, perdue car elle a couru sans savoir vraiment où elle allait, elle s'est arrêtée sous la devanture d'un commerce dont la décence est largement discutable - un sex shop. Elle n'avait rien d'autre à faire que d'attendre que l'orage cesse. Elle s'ennuya rapidement. Que pouvait-elle faire ? Son regard se perdit sur le petit sac qu'elle tenait à la main. Il n'était pas bien gros pour des "provisions" à apporter à quelqu'un coincé chez lui. La curiosité l'emporta, elle ouvrit le sac.

Zoom sur le contenu du sac de provision  
~  Du café. ~
~ Un paquet de cigarettes. ~
~ Un pamplemousse. ~
~ Une endive. ~
~ Du jambon. ~


Elle referma le sac encore plus septique qu'avant. Ça t'apprendra à vouloir rendre service ! Elle rit intérieurement devant le comique de la situation. Elle s'était déjà faite avoir plusieurs fois de la même façon. Mais elle était comme ça, Lou. Elle rendait toujours service dès qu'elle en avait l'occasion.

La pluie s'arrêta. Elle put enfin se remettre en marche et retrouva rapidement ses repères dans les petites ruelles du centre ville. Elle s'arrêta devant le commerce en question. Son regarda passa plusieurs fois de l'enseigne à la note que lui avait donné William. « Inchiostro ». C'était bien cela. Un tatoueur ? Elle n'était décidément pas au bout de ses surprises. Bizarrement, elle n'avait pas imaginé son patron fréquenter ce genre d'endroits. L'image qu'elle avait de lui venait de passer d'un extrême à l'autre. Elle le savait ouvert, mais pas à ce point.

Elle franchit le seuil. Le salon était vide. Un fauteuil en cuir confortable trônait au milieu de la pièce. Mais où est le roi ? Elle entendit un bruit venant d'une pièce dissimulée derrière un rideau de perle.

- Bonjour ! Il y a quelqu'un ? Je viens de la part de Mr Seavers. J'ai un paquet pour vous.


Rien n'est vrai, rien n'est faux, tout n'est que songe et mensonge.


Dernière édition par Lou Kelen le Mer 11 Juin - 20:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un colis pour Mr Floyd ~ feat Tom Floyd   Dim 18 Mai - 0:41


C’est le facteur.


Silence. Profond silence.
Plainte. Lacèrente, lente plainte qui geint dans ce silence, le déchirant, lentement, comme un pansement qu’on arrache sur une plaie purulente. La douleur est la même, elle est peut-être plus forte tant la notion du temps est étrangère. C’est l’enfer ici, même le temps a fui.
Ses bras ne sentent même plus le froid de l’aiguille, son nez ne sent plus rien du tout, et dans sa bouche plus aucuns gout, a part celui du sang, un gout ferreux et abject, mais qu’importe de toute façon il ne mangeait plus depuis son arrivé, les bouches ici, elles servent à se plaindre, a gémir. Et ces gémissement, il les entends encore et toujours. Encore et toujours ils tournent dans sa tête, longue litanie de souffrance. Et lui ? Lui, gémissait il aussi ? En avait-il encore la force. Il était allongé  a même le sol incapable de bouger, ses membres s’agitant seulement de spasmes douloureux et lorsqu’il devait faire le geste automatique de la piqure. Il le faisait inconsciemment, c’était devenu sa vie. Sur ce sol sale et froid, son long corps maigre et décharné était traversé de toute part par la souffrance des autres, par leur souffrance qui irradiait en ces ondes qui passaient sur son corps et maltraitaient son esprit malade. Il croisait par fois des yeux vitreux quand il arrivait à ouvrir les siens. Mais de ces regards fixes… combien étaient déjà mort. Ici, ceux dont le cœur bas ne sont pas plus vivant que ceux qui sont déjà froid comme la pierre.
Des cauchemars encore, encore, encore. Des démons dansant leurs macabres danses et encore le souvenir de cette voix perfide, si douce, qui sait glisser ses mots mielleux au fond de ta tête : l’addiction.

Une masse se tourne et se retourne dans des couverture, halète, souffle et gémit. Agite les bras, comme un fou essayant de se sauver de la noyade. Mais le cauchemar continue, ou plutôt se termine. Toujours de la même manière. Le noir, le plus total, le froid qui prend tous les muscles, les os, puis l’absence de sensation, la mort que l’on touche des doigts. Les lumières de l’hôpital, les voix, les bips des machines et le ronron du respirateur calé a la sienne de respiration… et le manque.. le manque le manque la manque le manque le manque la manque le manque le manque la manque le manque le manque la manque le manque le manque la manque le manque le manque la manque le manque le manque la manque…

Dans un cri muet et pourtant si déchirant la fébrile silhouette se réveilla, droite dans les draps humides, mélange de larme, de sueur et de sang. Elle se calma lentement, la respiration erratique et le corps tremblant. Deux yeux ocres voilés par une fièvre maligne, brillaient d’un terne éclat dans la sombre pièce encore perdus dans les méandres cauchemardesques de cet esprit malade.
Tom était malade, sacrement pas bien du tout sur le coup. Au début il s’était juste sentit mal, un rhume rien de bien méchant, mais ça avait dégénéré lorsqu’il s’était presque fait tuer par le docteur Flymel. D’après celui-ci puisque le junkie était incapable de faire la différence entre une grosse grippe et un petit rhume, il se demandait comment il était toujours en vie. Quoiqu’il en soit, la grippe n’en fut que plus vicieuse, et se liguant dans une malfaisante alliance avec les hallucinations et les crises de manque contre le pauvre tatoueur, elle lui en fit voir de toutes les couleurs. Alors qu’il croyait aller mieux, il avait rechuté dans  un mélange de fièvres, douleurs musculaires, crises qui le prenaient lorsqu’il dormait. Fichtre, son activité favorite. Avec ça il ne pouvait pas sortir de chez lui, est était contraint de fermer boutique… Enfin fermer le mots était bien grand, il avait rarement des clients et tous ceux qui connaissaient Tom savaient une chose : sa porte n’était jamais fermée.
Plus tôt dans la matinée ( ou la journée… il n’avait jamais su dire à qu’elle heure et à quel moment de la journée il faisait les choses.) Il avait envoyé un message de détresse à William, son ami, le suppliant de lui apporter un peu de café, car voilà, le café une autre de ces drogues faisait absence dans ses placards. Et bien sûr, comme Will était du genre à s’inquiéter pour lui, il avait aussi insisté pour lui acheter quelque chose à manger, soi-disant parce qu’il était sûr qu’il n’avait rien avalé depuis la dernière fois qu’il était venu le voir. Ce qui n’était pas faux, le bougre le connaissait trop bien.
Il se contraint à sortir de la couette, frissonnant lorsque le froid s’empara de sa peau humide, au dehors l’orage grondait, et il pleuvait des cordes, peut-être était-ce pour cela qu’il semblait faire beaucoup plus froid. Il était l’heure pour lui de prendre ce que le Doc’ lui avait donné, des calmants en masse, des trucs pour lui éviter des mésaventures psychédéliques et faire tomber cette satané fièvre.
Il fit tourner la seringue entre des doigts, il détestait se piquer. Cela lui rappelait trop cet enfer, et puis c’était douloureux, a chaque fois de regarder le creux de ses bras tellement mutilés par les piqures, et de chercher vainement un endroit ou planter la lame d’argent, un endroit pas trop marqué, un endroit où une veine serait apparente.
Il se résigna, et d’un geste fluide et répété des milliards de fois à l’identique, il observa la fine aiguille traverser les couches de sa peau, puis ferma les yeux, ne se gênant pas pour soupirer lorsqu’enfin le liquide coula dans ses veines.
Soudain des bruit de pas se firent entendre, ainsi qu’une voix cristalline, qui résonna dans le silence.

- Bonjour ! Il y a quelqu'un ? Je viens de la part de Mr Seavers. J'ai un paquet pour vous.

Tom se leva avec précipitation, légèrement chancelant, n’ayant pas remarqué que son bras saignait à l’endroit de sa piqure. Il passa le rideau de perle et se retrouva face à une jeune Femme. Il la détailla un peu, ne pouvant s’empêcher de la trouver belle, comme toutes les créatures homme/femme/autres qui passaient le pas de sa porte. Grande et fine, des yeux céruléen, mais ce qui l’attira le plus chez elle fut ses cheveux. Tom avait toujours était un grand fétichiste des cheveux, mais au contraire du rouge sanguin de Lola, les cheveux de la belle inconnue étaient d’une peu banale couleur rosée. Oh oui, un rose pastel et léger, comme les fleurs d’un cerisier, peut être aussi avaient ils la même odeur légère et entêtante ? La même douceur sous la pulpe des phalanges ?
Il rêvassa un peu, la fixa a moitié absent, puis se ressaisit voyant qu’il avait gardé le silence un peu trop longtemps pour une personne normale. Mais c’était ainsi, Tom était quelqu’un de calme… de trop calme pour ne pas dire lent. Il répéta dans le vide, les paroles de la jeune Femme dans le but de s’en imprégner.

«  Seavers… paquet… Seavers…. Un paquet.. pour moi…. » il marqua un temps «  ah ! oui, le paquet, Will c’est vrai… oh et bien merci. »
Dit-il en s’approchant d’elle, contournant le comptoir. Il était habillé assez simplement un sweat noir arborant ce smiley jaune si singulier, dissimulant très mal sa maigreur et d’un jean troué et rappé de toutes part, il sortait du lit tout de même, c’est pour cela que ses cernes étaient plus marquées que d’habitude, que ses cheveux semblait dans un désordre pas croyable. Dur d’être un canon de beauté quand on se réveille.
Il tendit le bras pour débarrasser la jeune rose de son fardeau quand il vit que sa manche était toujours relevée, exposant son bras mutilé, qui saignait légèrement, aussitôt il tira sur sa manche, d’un coup sec tant pis si ça râpait sa peau fragile à ces endroits.
Il replia son bras, qui tomba mollement a côté de lui, parallèle a son long corps maigre. Il s’approcha des rideaux qui gardaient dans leurs tissages les odeurs étrange du magasin. Un instant passa, la cendre d’un bâtonnet d’encens tomba dans son encensoir alors que celui-ci continua de bruler. La pluie battait aux fenêtres, et se mêlait au bruit du vinyle qui tournait dans le vide depuis longtemps déjà. L’endroit ne semblait pas mort, tous ces petits détails le rendait plein de vie. Il était juste calme. A l’image du propriétaire.
Le junkie se retourna vers la demoiselle, un sourire calme au lèvre qui faisait apparaitre des fossette dans ses joues creuses.

« Il fait un temps de chien dehors, attends ici que ça ce calme y’a mieux comme endroit mais on est au sec… » il laisse un temps d’arrêt avant de reprendre    «  Et t’inquiète pas si Willy grinche par ce que tu es en retard, je lui expliquerai… ou me ferai tirer les oreilles a ta place héhéhé » finit-il dans un petit rire.

« ah, moi c’est Tom, et tu es … ? »




hors-jeu:
 



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MessageSujet: Re: Un colis pour Mr Floyd ~ feat Tom Floyd   Dim 18 Mai - 14:29

Ingrédients indispensables pour une rencontre idéale
~ Un junkie malade. ~
~  Une serveuse trempée. ~
~  Des Vinyles. ~
~  Un fauteuil confortable. ~
~  Des tatouages. ~


Un homme se précipita à l'intérieur de la boutique. Ou plutôt un géant, comparé à Lou. Il la détailla. Elle en profita pour faire de même. Il était clair que le pauvre semblait dans les vapes. Il était très grand, mais aussi très maigre. Brun, portant le bouc et des cernes bien marquées. Oui c'est sûr il n'était pas vraiment en forme. C'était sûrement pour cela qu'il ne pouvait plus sortir de chez lui. Il mit plusieurs minutes à réagir.

«  Seavers… paquet… Seavers…. Un paquet.. pour moi…. » il marqua un temps «  ah ! oui, le paquet, Will c’est vrai… oh et bien merci. »

Après ce baragouinage, il vint prendre le sac. Lou vit tout de suite le bras. Un petit filet de sang s'écoulait d'une plaie caractéristiques des piqûres. Il devait s'être fait cela alors qu'elle entrait. Elle remarqua également toutes les autres petites piqûres qui lui mordaient tout le bras. Peut-être bien qu'il était plus que malade finalement. Les junkies elle connaissait bien. Les premières années après sa fugue, elle avait multiplié les squats. Elle avait vu bon nombre de ces âmes perdues s'adonner à ces petits rituels autodestructeurs. Elle n'avait jamais eu peur d'eux, cependant. Son don l'avait bien protégé tout au long de ses années. Elle s'en était même servi pour en soulager quelques uns, en les enfermant dans de douces hallucinations ou en les plongeant dans des rêves agréables. Car c'était bien là son don : provoquer des hallucinations et contrôler les rêves. Ceux-ci pouvaient être aussi bien plaisants que douloureux, lorsqu'elle avait le contrôle en tout cas. Elle n'allait pas juger cet homme sans le connaître. Après tout, il était devenu ami avec William, et cela l'intriguait. Elle voulait en savoir plus.

« Il fait un temps de chien dehors, attends ici que ça ce calme y’a mieux comme endroit mais on est au sec…  Et t’inquiète pas si Willy grinche par ce que tu es en retard, je lui expliquerai… ou me ferai tirer les oreilles a ta place héhéhé. Ah, moi c’est Tom, et tu es … ? »

- Lou. On est dimanche et il est tard, j'ai déjà fini ma journée.

Elle marqua une pause tout en parcourant la boutique des yeux. Les vinyles accrochés au mur, les accessoires de tatoueurs, l'odeur d'encens, tout ici lui rappelait beaucoup de choses. Elle même n'était pas une professionnelle de la déco et aimait les vieilleries. Chez elle, s'étaient les livres, ici les vinyles. Mais c'était assez comparable. Elle aurait presque pu se sentir chez elle. Son regard se posa de nouveau sur le siège en cuir de tatoueur. Elle aurait voulu s'y asseoir. Après tout, il lui avait dit de rester. Mais elle était trempée.

- Je peux enlever ma veste et mes chaussures ? Je suis trempée.

Une fois cela fait, elle se retrouva uniquement vêtue de son short en jean délavé et d'un vieux t-shirt bleu comportant un logo superman à moitié effacé. Elle mit sa veste en cuir sur le dossier du fauteuil et ses docs martins à ses pieds. Puis elle s'y installa confortablement. De quoi pouvait-elle parler avec cet homme à l'aspect torturé ? Un « alors comme ça tu es tatoueur ? » serait vraiment idiot.

- Tu fais quels genres de tatouages ? Tu peux tout dessiner ?  


Hors RP:
 


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MessageSujet: Re: Un colis pour Mr Floyd ~ feat Tom Floyd   Lun 19 Mai - 23:28


Bienvenue à l'Inchiostro.



Rien n’aurait pu déloger ce sourire si fermement accroché aux lèvres de Tom. En fait, le brun souriait souvent, toujours du même sourire, sincère et absent. Un sourire doux en somme.
Oh, bien sûr, son regard ne se faisait que plus lointain car ses yeux ainsi que ses joues étaient rougies par la fièvre. Mais si l’on ajoutait à cela ses vêtements larges, son air endormi et ses cheveux en bataille ou pouvait presque le trouver mignon, prit comme cela au saut du lit.

Lou. On est dimanche et il est tard, j'ai déjà fini ma journée.

La voix était douce, le ton sans appel. Claire, nette, précise et sans fioritures la phrase n’était pourtant pas froide. Elle n’était qu’une simple évidence qu’on énonce d’un ton léger, non pas une volonté de se fermer à l’autre, de clore la discussion. Il répéta un instant son prénom de sa voix trainante.

«  Lou… »

Le nom était simple, court. Mais, quand on le prononçait il roulait doucement sur la langue avant de s’échapper des lèvres, sa sonorité était agréable. Le nom était à l’image que Tom avait pour l’instant de la jeune femme : Concise, simple et douce.  Simple, pas de le sens de simple d’esprit, non, pas du tout, elle avait l’air intelligente. Il continua de réfléchir, son cerveau légèrement embué par la fièvre, alors qu’il la regardait observer chaque détails de la boutique. Ah, Sa boutique, il l’aimait tellement. C’était après tout son univers et son lieu de création, ce dans quoi il évoluait. Alors oui, ce n’était qu’une boutique minuscule avec une pièce à vivre insalubre, située au fin fond d’une ruelle d’un quartier craignos, à mi-chemin entre un sex-shop et un squat. Oui, c’était mal isolé, mal insonorisé. Oui, c’était un bazar sans nom. Oui, ce n’était pas un endroit décent pour vivre. Mais après tout, aux yeux du junkie, c’était le plus bel endroit au monde, peut-être aussi parce qu’il pouvait affirmer que c’était son chez-lui.

- Je peux enlever ma veste et mes chaussures ? Je suis trempée.

Le brun compris dans cette phrase que la rose avait accepté sa proposition et prenait ainsi ses aises. Cela ne le gênait pas le moins du monde, il appréciait même cela. Voilà pourquoi il la trouvait simple : elle ne s’embarrassait pas de bonne conduite, de «  vous êtes sûr ? », de « je ne voudrais pas gêner », et de milles autres palabres d’hésitation et de modestie inutile, sur lesquelles il aurait fallu débattre des heures. Et il appréciait cette simplicité :  Chez Tom, on ne fait pas de chichis. Il la regarda poser son manteau de cuir sur le dossier du fauteuil, ainsi que ses chaussures trempée sur le sol. Il est vrai que la demoiselle était légèrement vêtue pour un temps de pluie, elle devait avoir froid. Tom regarda ses propres pieds, nu sur le sol, il avait toujours aimé regarder ses pieds, comme il avait toujours aimé observer en silence chaque chose qui l’entourait. Lorsqu’il releva la tête, la fleur de cerisier avait pris place dans le fauteuil de  cuir rouge. C’est vrai qu’elle semblait l’observer depuis tout à l’heure, et trônait maintenant dedans comme une reine.

Tu fais quels genres de tatouages ? Tu peux tout dessiner ?  

La question, le surpris un peu. Alors comme ça elle savait qu’il était tatoueur ? Après tout, il était le seul gérant de cette boutique, une boutique de tatouage s’il vous plait, et était lui-même tatoué sur tout le corps… Bravo Sherlock. Il sourit, un petit peu plus, ses fossettes se creusant plus profondément.  Tom n’était pas quelqu’un de vantard, il était même rarement satisfait de lui, se poussant toujours à son maximum et s’autocritiquant avec plus de virulence que n’importe qui. Au fil de ses pensées, son sourire se fit plus nostalgique. Oui, s’il pouvait au moins être sûr d’une chose, c’est qu’il pouvait tout dessiner. Le dessin, les arts plastiques en général avaient toujours été sa passion, et il avait travaillé très dur avec son professeur qui ne l’épargnait jamais, même enfant. Il avait essuyé les plus virulentes critiques, il avait lu, relu et appris les plus grands noms, les plus grands mouvements, il avait passé des heures à étudier un seul détails sur n’importe quel tableau, il avait tout appris de l’anatomie, des techniques, il avait sué sang et eaux dans ses travaux. Il le savait, il était bon, il était extrêmement bon. Son professeur même le qualifiait de génie lorsqu’il avait le dos tourné et pourtant… Il n’avait jamais pu réaliser son rêve, étudier dans les plus grandes écoles d’art d’Amérique. Non pas qu’il n’avait pas les capacités, il était parfois meilleurs que certains professeurs, mais quelle grande école voudrait du fils d’une prostitué, d’un gamin pommé de Manhattan, d’un descendant d’immigré qui maintes fois dans sa scolarité difficile fut qualifié de fou et de malade a cause de ses hallucinations et ses malaises fréquents ?
Tom secoua la tête, et dans une révérence théâtrale, il dit :

«  Ma reine, le pauvre fou que je suis, peut se targuer d’une chose : En dessin, rien ne lui est infaisable. Et le bougre, votre majestiscence, fait toujours de son mieux pour satisfaire ses nobles clients qui sont bien peu nombreux. »

Il rit doucement une nouvelle fois, avant de redresser. Il posa son sac sur le comptoir et passa le rideau de perle. Le brun remarqua tout de suite sa seringue vide  et s’empressa de la ranger, il ne voulait pas qu’on tombe la dessus. Il revint vite voir sa reine, ne voulant pas la laisser seul trop longtemps et lui lança une serviette, pour qu’elle puisse sécher ses cheveux mouillés, il ne faudrait pas qu’elle attrape froid. Revenu derrière le comptoir, il se frotta les mains et dit dans un sourire

« Alors, alors. Qu’est-ce que Will a bien pu m’apporter ?  Pitié, faites qu’il n’ait pas oublié le café. » Glapi-t-il de désespoir : le café était important, très important.

Ses longs doigts tatoués, fins comme des pattes d’araignée s’évertuèrent à sortir tous les éléments du sac. Il haussa un sourcil, du jambon ? ça c’était surement parce que Will avait peur qu’il manque de protéines. Ah, une endive, il aimait bien les endives, si ses mots de têtes se calmaient, il consentirait surement à manger quelque chose. Il se saisit ensuite du pamplemousse et sourit tendrement, Will était adorable et s’était souvenu que ce fruit était son préféré. Puis, il sortit les deux derniers objets du sac, et son visage changea du tout au tout, n’exprimant qu’une joie sans borne, comme un enfant a Noël.

«  D-du café… Des cigarettes… Oh willy, ma p’tite tête blonde je t’adore…rah du café, de la nicotine enfin… » Il marmonna encore quelques idioties, serrant les deux objets contre lui.

Il ouvrit les cigarettes et siffla d’admiration, ces cigarettes-là étaient réputée pour être très fortes, enfin qu’est-ce qu’une cigarette corsée pour quelqu’un comme lui ? «  des indus’… et de choix en plus. Je devrais être malade plus souvent … ça me change de mon tabac bon marché » Tom n’avait pas beaucoup d’argent, et comme il mangeait peu son budget passait en fournitures artistiques et tabac… Du coup, du tabac à rouler, le moins cher.
Il mit un cylindre de tabac entre ses lèvres et craqua une allumette. Il l’approcha, les mains tremblante de manque dans le but d’enflammer l’objet de ses désirs. Il soupira d’aise, tira une latte, puis deux laissant la fumée s’échapper de sa bouche et de son nez, les yeux fermé. Il sera les poings ses mains tremblaient encore, heureusement qu’il avait de quoi fumer, sinon le manque ne tarderait pas à se faire sentir.
Tom chancelait légèrement, encore sous l’effet de sa fièvre, il pencha en arrière mais se rattrapa avant de tomber. Il cligna des yeux, passa ses mains tatouées sur son visage et se reprit bien vite. Ce n’était pas la moment de faire un malaise, non.

«  J’suis vraiment pas poli comme type dis-moi ! Tu veux quelque chose ? Une cigarette ? … Je peux faire du café si tu veux te réchauffer, et comme j’suis plutôt un type sympa, je suis disposé à partager mon pamplemousse. »





hors jeu:
 



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Dernière édition par Tom Floyd le Mer 21 Mai - 22:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un colis pour Mr Floyd ~ feat Tom Floyd   Mar 20 Mai - 22:56

La recette de l'amitié, ou, comment se faire un nouvel ami alors que l'on s'était juré de ne plus jamais recommencer

~  Dans un bol, verser les souvenirs d'un ami d'enfance disparut. ~
~  Ajouter une dose d'humour. ~
~  A part, mélanger doucement un gramme de café et un gramme de tabac.  ~
~  Incorporer à la préparation. ~
~  Laisser cuir au four tiède pendant une heure environ. ~


Il y a des personnes avec qui le courant passe plus que d'autres. Des personnes qui nous plaisent à la première rencontre. Pas forcément en tant qu'amant. L'amitié peut être tout aussi fusionnelle que l'amour. En tout cas, c'est ce que Lou ressentit pour ce pauvre junkie maigrichon. Peut-être lui rappelait-il son vieil ami d'enfance.

John Calagan était mort depuis longtemps, mais elle avait l'impression qu'il s'était relevé de ses cendres tel le grand phénix. Ils avaient le même corps et le même esprit torturé, mais aussi la même volonté de vivre malgré les épreuves de la vie. Avec John elle s'était adonnée à des séances de spiritisme, avait joué au scrabble sur les tombes du cimetière municipal, avait assisté à des concerts gothiques on ne peut plus bruyants. John avait été un passionné, et un bel idiot. Un idiot qu'elle avait suivi sans même se poser de question. Il ne l'avait jamais jugé. Ne l'avait jamais interrogée sur son passé trouble. Il l'avait acceptée sans connaître pour autant les particularités qu'elle enfouissait au plus profond d'elle même. Il avait toujours su qu'elle ne lui disait pas toute la vérité à son sujet. Mais malgré ça, il n'avait jamais insisté pour qu'elle la lui révèle. Il avait attendu patiemment qu'elle soit prête à le faire. Oh, elle l'aurait été un jour, s'il n'y avait pas eu ce tragique accident.

Tom était un autre genre d'idiot. Cependant, elle sentait qu'avec lui, elle pourrait entretenir une relation similaire. Un idiot reste un idiot, quel que soit le moule dans lequel il a été forgé. Seul un idiot pouvait être ami avec elle, pensa-t-elle. Elle savait déjà qu'il l'accepterait sans la harceler de question. Peu avant lui, William avait fait de même. Mais ce n'était pas la même chose, il n'était pas humain. Tom était humain, comme John, elle n'avait aucun doute la dessus. Et c'était la première fois qu'elle se sentait aussi bien. Elle avait, depuis la mort de John, évité de nouer tout lien avec les autres humains. Il semblait en cet instant, qu'elle pouvait enfin rompre les chaînes qu'elle avait jadis nouées solidement autour de son cœur meurtri.

«  Ma reine, le pauvre fou que je suis, peut se targuer d’une chose : En dessin, rien ne lui est infaisable. Et le bougre, votre majestiscence, fait toujours de son mieux pour satisfaire ses nobles clients qui sont bien peu nombreux. »

Elle sourit avec lui. C'était vrai, elle lui avait pris son trône. Et les nouveaux monarques avaient deux solutions pour asseoir leur nouveau pouvoir : décapiter l'ancien détenteur du titre ou le faire bouffon de sa cour. Elle avait choisi la deuxième option. De ce discours, elle n'avait pas de peine à lire entre les lignes. Tom était doué dans ce qu'il faisait, mais n'avait pas beaucoup de client. Son entreprise ne devait pas énormément lui rapporter. Heureusement qu'il avait des amis comme William pour lui remplir le frigo – enfin remplir était un bien grand mot, avec un pamplemousse et tout juste de quoi se faire des endives au jambon. Elle le laissa aller dans l'arrière boutique sans dire un mot et attendit patiemment qu'il revienne. Lorsque cela fut fait, elle attrapa la serviette qu'il lui lançait au vol et entreprit de s'essuyer avec. Elle se passa un rapide coup sur tout le corps et s'attarda surtout au niveau des cheveux. Ils étaient longs et donc plus difficiles à sécher. Une fois qu'elle eût terminée, elle étendit la serviette sous elle afin de ne pas abîmer le joli trône. Elle écouta son hôte faire à son tour l'inventaire du petit sac.

« Alors, alors. Qu’est-ce que Will a bien pu m’apporter ?  Pitié, faites qu’il n’ait pas oublié le café : le café était important, très important....  D-du café… Des cigarettes… Oh willy, ma p’tite tête blonde je t’adore…rah du café, de la nicotine enfin… »

Ha, un addict de l'or noir et de la nicotine. Elle s'en était doutée. Par contre elle n'avait toujours pas d'explication pour les aliments. Mais qu'importe, apparemment pour Tom, tout ce qui était indispensable à sa survie se résumait au café et aux cigarettes. Il lui vint alors à l'esprit une belle image, une autre scène que l'on pourrait décrire comme on le ferait pour un tableau accroché au mur de son salon : Tom s'est embarqué dans une belle aventure. Il a signé pour participer à une émission de reality show dans laquelle les candidats se retrouvent seuls, sur une île déserte et où leur survie dépend des deux seules choses qu'ils ont pu apporté avec eux. Tous les autres candidats sont proches de l'agonie. Ils ont faim et soif. Mais pas Tom. Lui, il est heureux sur cette île, il a pensé à emporter avec lui tout ce qui est indispensable à sa survie : un plant de cafetier et un plant de tabac, qu'il arrose et chérit tous les jours. Elle avait cette drôle d'image en tête quand le dit concerné la sortit de sa rêverie. Il faillit tomber à la renverse. Elle fit un geste pour le rattraper, mais il se reprit lui même. Pas étonnant qu'il tombe, après tout. Il était déjà bien maigre et la maladie ne devait rien arranger. Elle allait proposer de lui laisser le fauteuil mais il sembla revigoré et lui proposa même de la servir.

«  J’suis vraiment pas poli comme type dis-moi ! Tu veux quelque chose ? Une cigarette ? … Je peux faire du café si tu veux te réchauffer, et comme j’suis plutôt un type sympa, je suis disposé à partager mon pamplemousse. »

Lou hésita devant les propositions de cet homme qu'elle considérait déjà comme un ami. Elle était elle aussi accro à la caféine, il n'y avait aucun doute là dessus. Mais en ce qui concernait la nicotine, c'était plus discutable. Évidement, sa vie d'orpheline puis de fugueuse l'avait amenée à fréquenter des endroits, où, fumer était indispensable. Dans les soirées gothiques où John l'avait souvent traîné par exemple. Elle avait dû se fondre dans la masse et s’intégrer en enfreignant les règles, comme les autres. C'est comme cela qu'elle avait commencé à fumer pour la première fois. Elle avait quinze ans. Cependant, elle ne l'avait fait que pour ces occasions particulières. Et vous l'aurez sans doute déjà compris, depuis le début de sa quête, sa vie sociale était très réduite. Au stricte minimum en fait. L'occasion d'accepter une cigarette qu'on lui tendait ne s'était donc que très rarement présenté.

Elle haussa les épaules. Bah, après tout pourquoi pas, s'était la première fois qu'elle pouvait faire ce geste non pas pour se faire oublier des autres mais au contraire créer un puissant lien d'amitié. Tel les indiens qui fument le calumet de la paix. Mais une autre chose la faisait douter. Elle ne voulait pas qu'il en fasse trop alors qu'il était malade. Même si il était son hôte et elle l'invitée.

- J'accepte les deux : le café et la cigarette. Bien que normalement je fume pas. Par contre j'ai une condition : moi, je prépare le café, toi, tu restes posé là et quand je reviens tu me files une cigarette et de quoi l'allumer. T'es tellement pâle qu'on dirait que t'as avalé de la lessive en boîte. Je te laisse le pamplemousse. J'aime pas ça et puis de toute façon t'en a vraiment plus besoin que moi. Bouge pas, je vais me débrouiller.  

Avant qu'il ne puisse protester elle se leva, attrapa le paquet de café et se dirigea vers le rideau de perle. Lorsqu'elle le traversa, elle découvrit sa tanière. Il était aisé de deviner son mode de vie rien qu'en observant la pièce. Mais encore une fois, elle ne voulait pas le juger. Elle alla directement vers la cafetière et fit couler le précieux liquide noir. Une fois cela fait, elle rinça rapidement deux tasses, les remplit et les rapporta dans la boutique. Tom était assit contre le meuble là où elle l'avait laissé. Elle lui tendit une tasse et se rassit sur le fauteuil. Elle était gênée de prendre la meilleure place mais le junkie semblait bien installé là où il était. Elle ne voulait pas en faire trop non plus alors qu'elle ne le connaissait qu'à peine. Après avoir allumé la cigarette qu'il lui tendait, elle se réinstalla confortablement. Dehors, le déluge avait repris. Le tonnerre grondait encore plus fort qu'avant. Elle faisait bien de rester ici le temps que la météo s'améliore. Son regard se posa de nouveau vers les vinyles accrochés au mur. Cela lui rappelait vraiment son petit chez elle.  

- Tu as une sacré collection. Ça ressemble à chez moi. Sauf que moi, ce sont les vieux livres que je collectionne. Mais y'a autant de poussière. J'achète jamais neuf, que de l'occaz. J'aime bien quand les objets ont déjà une histoire quand je les récupère. C'est comme si on accueillait chez soit de pauvres petits orphelins perdus. C'est vrai, si y'a personne pour les récupérer, ils finissent dans la benne. C'est vraiment du gâchis.  

Elle n'avait jamais autant parlé depuis très longtemps. Décidément elle se sentait bien. De plus, la tempête au dehors rendait l'atmosphère de la pièce vraiment particulière. Elle aurait pu lui parler sans s'arrêter. Elle tira de nouveau sur sa cigarette et expira lentement la fumée qui lui chauffa agréablement la gorge. Certains noms inscrits sur les vieux disques lui étaient familiers. Pour d'autres, elle n'en avait jamais entendu parlé. Elle tendit le doigt vers l'une des pochettes.

- Celui là je connais. Pink Floyd. J'ai le père d'une de mes familles d'accueil qui les avait tous. J'aime bien. Bon par contre tous les autres me disent rien.... tu m'en fais écouter un ? Un que t'aimes bien et qui te rappelle le passé.  

Pourquoi une requête aussi précise ? Certainement parce que depuis qu'elle avait franchi le seuil de cette porte elle semblait replongée dans son propre passé et ne voulait plus le quitter.


Hors RP:
 


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MessageSujet: Re: Un colis pour Mr Floyd ~ feat Tom Floyd   Mer 21 Mai - 22:50


Time to remember.



Tout en relâchant des arabesques de fumée de sa bouche, Tom s’adossa confortablement au comptoir, observant la jeune femme et ses cheveux un peu humides. Elle sentait bon, une odeur douce qui dénotait avec l’odeur habituelle de la boutique, elle embaumait l’endroit de son odeur comme de sa présence. Oui, une douce présence, une présence agréable, elle dégageait quelque chose d’agréable … un bon karma.
Il ne savait pas si Lou fumait. En fait il avait posé la question automatiquement, il n’avait pas grand-chose à offrir alors il ne pouvait au final que proposer ce qu’il avait : du café, du pamplemousse, des cigarettes et sa propre personne. Lui-même était définitivement accro au tabac. Enfin, pas qu’à ça évidement, mais ça l’aidait à supporter son impression de manque omniprésente et, à se détendre.
Elle haussa les épaules et dit simplement :

  J'accepte les deux : le café et la cigarette. Bien que normalement je fume pas. Par contre j'ai une condition : moi, je prépare le café, toi, tu restes posé là et quand je reviens tu me files une cigarette et de quoi l'allumer. T'es tellement pâle qu'on dirait que t'as avalé de la lessive en boîte. Je te laisse le pamplemousse. J'aime pas ça et puis de toute façon t'en a vraiment plus besoin que moi. Bouge pas, je vais me débrouiller.  

Le junkie haussa les sourcils : elle avait débité cela à bon train, le ton catégorique et sans appel, ne laissant aucunement le temps à l’homme de répondre ou du moins d’emmètre une opposition. Elle savait ce qu’elle voulait oui. Will avait trouvé une forte tête, et une perle rare, une bonne petite en soit. D’un côté il était heureux qu’il ait des personnes comme cela dans son entourage, c’était bien pour lui de côtoyer des gens franc, il aimait d’ailleurs déjà beaucoup cette petite.
D’un autre côté il se félicita intérieurement d’avoir pensé à ranger ses seringues quand il la vit passer le rideau de perles, il espéra aussi ne rien avoir laissé trainé de compromettant … Du moins, il ne fut qu’à moitié surpris d’avoir confiance, confiance en cette petite rose qu’il appréciait déjà. Il se demanda si elle n’avait pas fait trop attention au fouillis qui composait sa pièce a vivre, tout en esquisses à moitié finies, matériaux, matériel et livre d’art. Il priait un instant pour ne rien avoir laissé trainer de compromettant, ou qui pourrait se trouver sur le chemin des pieds blanc et nus de sa reine, une vis, un morceau de verre, une vieille aiguille. Il ferma les yeux, entendit le bruit si caractéristique, si aimé de sa machine à café, qu’il appelait parfois « ma femme ». Il entendit le bruit sifflant du robinet de sa cuisine, l’eau coulant dans la tuyauterie obsolète, le bruit de la céramique sous le filet d’eau, la céramique qu’on entrechoque, qu’on remplit d’une liquide chaud, le bruit d’un pas léger, d’un rideau de perle qui tinte en concert avec la pluie. L’odeur douce-amère de la caféine mélangée l’odeur de Lou qui tout d’un coup lui emplissait les narines.
Il ouvrit doucement les yeux, coinçant la cigarette entre ses lèvres il attrapa de ses grande mains la tasse qu’on lui tendait. Il savoura la sensation de la céramique de basse qualité, rendue chaude par le liquide brulant et opaque. C’était beau le café, c’était noir et si mystérieux, on pouvait toujours essayer de chercher à y voir quelque chose, mais ce n’était que le noir, toujours ce noir, un noir chaud, amer. Un noir exotique. Un noir réconfortant. Un noir pour noyer ses idées noires. Un noir… Encre. Ironique pour un tatoueur. Il rit doucement, dans ses pensées. Pensées dont il fut tiré par la voix de Lou mélangée aux grondements sourd du tonnerre.

  Tu as une sacré collection. Ça ressemble à chez moi. Sauf que moi, ce sont les vieux livres que je collectionne. Mais y'a autant de poussière. J'achète jamais neuf, que de l'occaz. J'aime bien quand les objets ont déjà une histoire quand je les récupère. C'est comme si on accueillait chez soit de pauvres petits orphelins perdus. C'est vrai, si y'a personne pour les récupérer, ils finissent dans la benne. C'est vraiment du gâchis.  
Il resta silencieux un instant, se contentant de sourire. Il aimait sa façon de penser, plus il en apprenait sur la jeune fille, plus il l’appréciait.

« C’est vrai… J’récupère tous ces petits trésors, et j’les revends pour leur offrir une nouvelle vie. La société aujourd’hui vit pour le consommable, le désirable, pas pour le durable. C’est bête, mais les gens sont bêtes… Moi aussi j’le suis, enfin pas plus qu’un autre et, de façon differente. L’humain est bête en général»

Le junkie aimait parler avec Lou, et bizarrement il sentait que cela était réciproque, du moins il l’espérait. Il l’observa en silence, tirant de temps à autre sur la nouvelle cigarette qu’il avait allumé entre temps, il l’observa regarder la décoration sur les murs, tous les vieux vinyles et autres 45 tours, poster de vieux films, de vieux concert. D’un coup, elle pointa quelque chose, il suivit la courbe longiligne et gracieuse de son bras blanc et regarda dans la direction qu’elle lui indiquait.

  Celui là je connais. Pink Floyd. J'ai le père d'une de mes familles d'accueil qui les avait tous. J'aime bien. Bon par contre tous les autres me disent rien.... tu m'en fais écouter un ? Un que t'aimes bien et qui te rappelle le passé.  

Il resta un peu silencieux, comme il savait si bien le faire. Les silences de Tom n’étaient pas des silences qui mettaient mal à l’aise, car quand on connaissaient le personnage et sa lente façon d’être cela semblait normal. Alors comme ça elle était allé en famille d’accueil. Il se demanda un instant comment c’était une famille d’accueil … ou une famille en général. Mais il n’avait pas envie de poser de questions, déjà parce qu’il sentait que si Lou avait envie de se confier elle le ferait d’elle-même et ensuite parce qu’il avait tendance à juger les gens à leur karma plutôt qu’à leur passé. Et en occurrence, cette Lou avait un bon Karma, ce qu’il sentait émaner d’elle ne lui était pas désagréable… Pourtant il y avait quelque chose, un tout petit quelque chose plus au fond d’elle, quelque chose qu’il aurait peut-être réussi a identifier s’il avait voulu se servir de sa malédiction pour se concentrer dessus, quelque chose qui lui rappelait David. Il frissonna en pensant à cet homme…
Et de toute façon, il s’en fichait complètement de ce genre de choses. Pour lui les gens, qu’ils soient banales, extralucides, ou pas humains… et bien, c’était juste des gens, car il ressentait chaque personnes comme différentes et croyait fortement à toutes ces choses ésotériques. Les gens le prenaient déjà pour un fou, il n’était plus à ça près.
Le brun coinça sa cigarette entre ses lèvres et étira son grand corps, se faisant paraitre plus grand qu’il ne l‘était déjà et se dirigea vers les bacs de vinyles. Il se baissa et sortit d’en dessous une mallette carrée toute poussiéreuse mais dont certaines traces de doigts laissaient présager une utilisation récurrente.

«  C’est ma mallette à trésors, c’est des vinyles, des CDs, des cassettes que je vends pas. » Dit-il en se relevant. Il posa ce qu’il tenait dans ses mains sur le comptoir et se mit à fouiller dedans tout en parlant.

«  Des fois, j’me dis que les jeunes écoutent vraiment de la merde. C’est triste, j’aimerai qu’il y ai plus de jeunes qui viennent dans ma boutique. Pas forcement parc’que j’ai envie de vendre… J’suis pas un très bon commerçant. Mais, j’aimerai leur transmettre ma passion, et faire revivre les grandes gloires passées, pour leur montrer d’où vient tout la musique. » Il tira distraitement sur sa cigarette, en faisant la moue.
«  ou alors, c’est juste moi qui suis un vieux grincheux à la masse ahaha. Faut dire, je suis pas très à l’aise avec la technologie, mon portable est un espèce de pavé avec un écran en noir et blanc et mon ordinateur cache un hamster dans son unité centrale, pour faire du courant ahahahah »  Il rit doucement, sa cigarette entre les lèvres.

Il trouva enfin ce qu’il voulait au milieu de son bazar, quelque chose qui semblait avoir bien vécu. Le tatoueur s’approcha de sa platine. Il sortit le vinyle, le fit tourner entre ses doigts fins, le plaça sur l’appareil, l’alluma et d’une main experte posa doucement le saphir sur l’objet tournant, savourant dans un frisson le crachotement divin qu’il produisait.
Quelques note de guitare retentirent dans l’air.



«  Janis et Jimi, Woodstock. »

Dit-il simplement, avant d’aller chercher son tabouret pour se placer à  côté de Lou, près de la fenêtre. Elle lui avait demandé un truc qui lui rappelait le passé, il avait un souvenir avec énormément de disques, mais il avait eu envie d’écouter celui-ci, la voix de Janis Joplin accompagné de la guitare de Jimi lui donnant toujours des frissons d’extase. Une voix brisée, qui mélange rauque et douceur comme un tournant de l’âme, sublimée par un riff d’une beauté surnaturelle le tout mélangé à du Gershwin .

«  Ce disque, comme de nombreux autres, c’est mon Senseï, mon maître spirituel du tatouage qui me l’a offert. Il m’a aidé dans j’étais au plus bas et parfois quand j’étais… » il hésita sur le mot à adopter, il ne savait pas s’il fallait aborder le sujet de ses crises, il opta pour une semi vérité  «  malade… Il me racontait des histoires qu’il avait vécu. Oh… c’était un homme fabuleux si tu savais. » ses yeux fiévreux se teintèrent de nostalgie «  Et, souvent il me racontait Woodstock, un de mes rêves… Puis un jour, il m’a offert ce disque. C’est un live de ce festival, vraiment rare. C’est un de mes trésors » il murmura  «  john… » Il n’avait pas l’habitude de se confier la dessus, mais il se sentait bien et les mots dépassaient sa pensée.

Soudain un éclair plus puissant que les autres, illumina la boutique, suivit d’un ballet de flashs. Le brun regarda par la fenêtre le ciel sombre se déchirer en ces cicatrices blanches d’un éclat électrique.

«  c’est beau les orages… tu trouves pas ? »




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MessageSujet: Re: Un colis pour Mr Floyd ~ feat Tom Floyd   Jeu 22 Mai - 23:39

Top cinq des sujets de conversation les plus abordés lorsqu'un ange passe

~ Parler pour évoquer justement le fait de ne pas parler. ~
~ Parler pour commenter la décoration de la pièce où l'on se trouve. ~
~ Parler pour se renseigner sur la santé de son interlocuteur. ~
~ Parler pour complimenter un lieu, un habit, une coiffure. ~
~ Parler de la pluie et du beau temps. ~


Le silence qui suivit la requête de Lou était agréable. Ce n'était pas comme ces « blancs » qui rendaient mal à l'aise. Non pas que cela la dérange d'habitude. En fait, elle avait toujours aimé ça, les longs silences. Même ceux qui rendaient mal à l'aise. Pourquoi ? Et bien parce qu'elle s'amusait à observer les tics nerveux des gens présents à ce moment là, ou bien parier avec elle même sur celui qui craquerait et parlerait le premier. Ce dernier faisant en général une remarque inutile ou maladroite du genre « il fait beau hein ? » ou « tu viens souvent ici ? ». Bref, on dit que la météo est le principal sujet de conversation entre les gens qui n'ont rien à se dire. Mais ce silence là n'était de toute façon pas gênant. Il était doux et naturel. Lou avait du mal à créer des liens avec les gens qui parlaient pour ne rien dire ou justement combler les blancs. Cela montrait une certaine anxiété chez eux. Cela démontrait aussi qu'il s'agissait de personnes ayant peur des incivilités, ou bien des préjugés que l'on peut avoir à leur égard. Et pour aller encore plus loin, pour elle, ce genre de personne ne connaissait pas la franchise. Car lorsque l'on est bien avec quelqu'un que l'on apprécie, on peut rester à son côté sans avoir besoin de parler. Cela montre au contraire à quel point on aime sa compagnie. Elle profita donc de ce silence pour apprécier la cigarette qu'elle fumait - et la présence de Tom à ses côtés. Et c'était la première fois qu'elle appréciait cela – la cigarette pas Tom. C'était comme si elle fumait pour la première fois, découvrait un bonheur nouveau. Il semblait lui aussi perdu dans ses pensées. Un tel silence était presque une méditation. Elle en profita pour détailler chaque objet de la pièce scrupuleusement. Elle resta assise et observa les déplacements de son hôte lorsque celui-ci alla chercher sa mallette.

«  C’est ma mallette à trésors, c’est des vinyles, des CDs, des cassettes que je vends pas. »  

Lou sentit son cœur se serrer. Une mallette à trésor ? Des vinyles si précieux qu'il ne les sort que pour des grandes occasions ? Elle se sentit flûtée. Il y avait dans ce moment quelque chose de sacré. C'était un moment solennel et elle retint son souffle, impatiente de découvrir ces fameux joyaux.

«  Des fois, j’me dis que les jeunes écoutent vraiment de la merde. C’est triste, j’aimerai qu’il y ai plus de jeunes qui viennent dans ma boutique. Pas forcement parc’que j’ai envie de vendre… J’suis pas un très bon commerçant. Mais, j’aimerai leur transmettre ma passion, et faire revivre les grandes gloires passées, pour leur montrer d’où vient tout la musique. ou alors, c’est juste moi qui suis un vieux grincheux à la masse ahaha. Faut dire, je suis pas très à l’aise avec la technologie, mon portable est un espèce de pavé avec un écran en noir et blanc et mon ordinateur cache un hamster dans son unité centrale, pour faire du courant ahahahah »

Elle ne pouvait acquiescer. Ce n'était que recentrement qu'elle avait découvert de la « bonne » musique. Enfin jusque là, il faut l'avouer elle ne s'y était guère intéressée. Il faut dire que son passé avec la musique était un peu douloureux. John lui faisait écouter du black métal ou death métal, enfin le genre de musique qu'elle qualifierait plus comme du « bruit ». Déjà qu'elle n'avait pas l'oreille musical mais la musique de John avait fini par la vacciner. Elle avait commencé à renouer un lien avec la musique en Louisiane, alors qu'elle était serveuse dans un bar d'une petite ville. Le patron était un grand adepte du jazz pur et dur et invitait souvent des artistes locaux mais aussi internationaux à se produire devant les clients. Elle avait été particulièrement impressionnée par une représentation du Dr Micael White et de The Original Liberty Jazz Band. Il aimait également passer en boucle les incontournables tels Louis Armstrong, Clarence Williams, Cab Calloway et Sidney Bechet. Elle se demandait maintenant ce que lui réservait son nouvel ami. Dès les premières notes, elle se sentit transportée. Et c'est justement ce qu'elle voulait.

«  Janis et Jimi, Woodstock. »

La guitare électrique était légère, enivrante. Rien à voir avec les guitares saturées de John. Quant à la voix, elle était puissante et torturée. Les deux sons auraient pu être contradictoires et mal assortis, pourtant, ils s'emmêlaient avec grâce. Rendant à eux deux une mélodie intense, pénétrante, et très douce en même temps. Elle en oublia presque la présence de Tom.

«  Ce disque, comme de nombreux autres, c’est mon Senseï, mon maître spirituel du tatouage qui me l’a offert. Il m’a aidé dans j’étais au plus bas et parfois quand j’étais… malade… Il me racontait des histoires qu’il avait vécu. Oh… c’était un homme fabuleux si tu savais. Et, souvent il me racontait Woodstock, un de mes rêves… Puis un jour, il m’a offert ce disque. C’est un live de ce festival, vraiment rare. C’est un de mes trésors ….   john… »

Il avait parlé avec passion. Elle sentait qu'il s'était lui aussi laissé envahir par les souvenirs agréables de son passé. Elle sourit.

- John …. toi aussi tu es hanté par le souvenir d'un ami nommé John... Comme c'est étrange.

Elle trouvait cela symboliquement très attachant. Ils partageaient là encore quelque chose. Ce n'était peut-être pas la même personne. Mais un John reste un John. Qu'il soit jeune, vieux, grand, maigre, fort, petit, barbu ou imberbe. Ça restait une coïncidence, mais une agréable coïncidence tout de même.

«  c’est beau les orages… tu trouves pas ? »

Elle rit aux éclats en entendant cette dernière réplique. Repensant justement à ce qu'il lui était venu à l'esprit un peu plus tôt. En effet, les gens qui ne savaient pas de quoi parler engageaient souvent la conversation en évoquant le temps qu'il faisait. La réplique de Tom ne semblait pas du tout de ce genre là. Au contraire, elle était bien amenée et tissée. C'était une belle façon de parler de la pluie et du beau temps. Malgré tout, elle ne put s'empêcher de trouver cela très amusant.

- Excuse moi, c'est que, ce que tu as dit, ça m'a fait penser à un truc drôle. Désolée.

Elle reprit ses esprits et écrasa sa cigarette depuis longtemps consumée. Elle aimait particulièrement les orages. Même lorsqu'elle se trouvait à l'extérieur, sous le déluge.

- C'est sûr, les orages ça fait ressortir ce qu'il y a de plus beau dans le paysage. Devant les nuages noirs, toutes les couleurs sont éclatantes. Et puis, l'atmosphère devient surnaturelle. C'est comme si toute la nature se mettait à l'arrêt. Comme si un dieu avait appuyé sur pause. Les bruits sont amplifiés et les odeurs aussi. Oui c'est vrai que ça a un côté magique.  

Elle se rendit compte que d'ailleurs, le déluge à l'extérieur avait diminué. Elle sentait qu'il aurait presque cessé d'ici une dizaine de minutes. C'était le début de la fin. Cependant, elle ne voulait pas quitter cette pièce où elle se sentait si bien. Aurait-elle de nouveau l'occasion de passer la porte de cette boutique dans un futur proche ? Elle n'en était pas sûre. En même temps, pour venir voir un ami, ce n'était pas la peine d'attendre une occasion particulière. Oui, après tout, elle était certaine de revoir ce cher junkie. Ils étaient destinés à être amis. Enfin, si le destin existait évidement. Peut-être viendrait-elle se faire tatouer ? Elle l'avait déjà envisagé mais s'était souvent ravisée. Les tatouages sont définitifs et elle était du genre à avoir des goûts changeants. Elle avait ses périodes. Il lui vint alors à l'esprit une question farfelue mais pourtant bien réelle qu'elle souhaitait lui poser.

- Si tu devais me faire un tatouage, tu me ferais quoi ? Je veux dire, je sais pas ce qui irait bien sur moi. J'aime bien les signes. Les trucs symboliques un peu ésotériques ou issus de religions anciennes. Comme les triskels, les Om, les animaux hawaïens ou les conneries comme ça.  Mais je sais pas si ça m'irait vraiment. Ça fait peur je trouve les trucs définitifs.  

Elle marqua une pause, se demandant si ce qu'elle venait de dire avait vraiment du sens. Elle s'était toujours demandée pourquoi et comment les gens faisaient le premier pas et choisissaient de se mutiler le corps juste pour obtenir une marque indélébile. Une marque qui avait sûrement un sens à un moment donné de leur vie mais qui plus tard finissaient forcément par être obsolète. Elle avait notamment à l'esprit l'exemple de ces couples qui se tatouent le nom de leur bien aimé du moment et qui finalement se retrouve avec ça dix ans plus tard alors que le dit amant est parti depuis bien longtemps avec la voisine d'en face.

- Toi comment tu fais pour pas te lasser de tes tatouages ?  Ils ont chacun une signification particulière ? Si tu pouvais revenir en arrière tu les referais quand même ? …. Désolée je pose peut être trop de questions.


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MessageSujet: Re: Un colis pour Mr Floyd ~ feat Tom Floyd   Sam 24 Mai - 23:04


De l’encre sur la peau.


Encore un accord qui se plaque, une note qui sonne mieux que les autres, qui vous rentre dans une oreille, et vous caresse si sensuellement le typant que vous ne pouvez réprimer des frissons de plaisir tout le long de votre colonne vertébrale. Puis encore la voix repart, cri sa souffrance d’une façon si jouissive, plus chaudement et rauquement qu’une amante pendant l’amour. Pour mieux faire retomber le silence, pour mieux se mélanger à lui dans une alchimie parfaite, pour mieux séduire l’orage le dompter et l’adoucir.
Voilà comment Tom aurait définit la musique qui résonnait maintenant entre les murs de l’Inchiostro. Bien sûr il n’aurait répondu que si on lui avait demandé… et même aurait il voulut briser cet instant de ses futiles paroles ? non surement pas.
A défaut que sa voix ne brise cet instant, celle de Lou se fondit parfaitement dans ce fond sonore, l’embellissant même.

John …. toi aussi tu es hanté par le souvenir d'un ami nommé John... Comme c'est étrange.

Il lui rendit son sourire, hochant la tête en silence. Il n’y avait rien à dire puisqu’elle avait déjà tout dit. Alors comme ça, Lou aussi avait eu quelqu’un dans sa vie portant le nom de John ? Etrange coïncidence, mais qui les rapprochaient d’autant plus. Assurément leurs John devaient être très différents, mais au final leur perte devait causer la même douleur, un vide terrible et profond. Mais pourquoi pas, oui pourquoi ne pas essayer dans cette amitié nouvelle de combler ce trou béant dans leur poitrine ? Au final peut être qu’ayant tous deux été éprouvé par la vie, celle-ci avait fini par les mettre l’un sur la route de l’autre, peut-être pour se faire pardonner qui sait ?

Pourquoi avait il dit cela sur les orages ? C’était encore une des phrases qui parfois tombait de sa bouche, ou la lui ouvrait de force sans qu’il ne puisse les retenir. Mais c’était bien vrai, il aimait les orages, il avait toujours aimé ça. C’était un peu comme si le ciel pleurait de colère, mais sa colère était tellement belle. Elle était flashs lumineux qui faisaient frémir tous les humains, asseyant sa suprématie, rappelant que le ciel était celui qui régnait au-dessus de leurs têtes.
Mais d’un autre coté ses déchirures lumineuse dévoilaient dans la nuit la beauté des choses, rappelant l’éphémère.
Il entendit tout d’un coup, un millier de grelot tinter doucement près de son oreille, mais tournant la tête il découvrit avec plaisir que ces suaves grelots étaient en fait le rire de Lou. Il l’aima bien, tout de suite, ce rire. Ce n’était pas un rire moqueur, du moins cela n’en n’avait pas l’air, et pourtant Tom avait la petite fierté d’en être la cause, et inconsciemment il jura qu’il voudrait l’être d’autres fois. Il aimerait être celui qui cause ce rire puisqu’il sonnait si bien à ses oreilles et qu’il illuminait le visage de Lou.

Excuse moi, c'est que, ce que tu as dit, ça m'a fait penser à un truc drôle. Désolée.

Il hocha une nouvelle fois la tête en silence, là non plus il n’avait pas besoin de dire quelque chose. Il préféra attendre et observer la jeune femme en face de lui. Elle était jolie comme ça, pensive, écrasant sa cigarette et se préparant à dire quelque chose. Les flash lumineux des éclairs éclairaient son visage de façon furtives et terriblement lumineuse, imprimant son image dans les rétines du tatoueur. Celui-ci savoura à loisir le fait de pouvoir détailler chaque petit morceau de se nouveaux visage, chaque ombre, chaque pli, chaque fossette, chaque creux, chaque rougeur rien ne lui passa inaperçu.

C'est sûr, les orages ça fait ressortir ce qu'il y a de plus beau dans le paysage. Devant les nuages noirs, toutes les couleurs sont éclatantes. Et puis, l'atmosphère devient surnaturelle. C'est comme si toute la nature se mettait à l'arrêt. Comme si un dieu avait appuyé sur pause. Les bruits sont amplifiés et les odeurs aussi. Oui c'est vrai que ça a un côté magique.

Tom sourit et se laissa prendre au jeu, tout en continuant de la regarder, des brides de phrases sortant de temps à autre de sa bouche, formulées comme de question, peut-être était-ce ses questionnement interne, peut-être avait-il parlé, peut-être pas.

« Il n’y a pas plus belle odeur que celle de la terre après le passage de la pluie… ça sent le passé, l’humidité, la terre fraiche, le froid, la vie… »

En jetant un coup d’œil par la fenêtre il se rendit compte qu’au fur et à mesure que les aiguilles continuaient leur ballet circulaire sur le cadrant de l’horloge, le puissant orage s’amenuisait, la colère du ciel se calmait. Et il eut un pincement au cœur. Peut-être que si la pluie se clamait, la nouvelle venue voudrait s’en retourner chez elle, ce qui était normal après tout… Mais peut-être ne voudrait-elle plus revenir ? après tout elle avait une vie, elle n’avait peut-être pas le temps de venir lui rendre visite ou .. peut-être n’en n’aurait-elle pas envie ? ces pensées lui oppressèrent le cœur, et il chercha le réconfort sur le visage de la jeune rose. Il le trouva en effet car elle semblait emprunte aux mêmes réflexion, oui cela le rassura.

Si tu devais me faire un tatouage, tu me ferais quoi ? Je veux dire, je sais pas ce qui irait bien sur moi. J'aime bien les signes. Les trucs symboliques un peu ésotériques ou issus de religions anciennes. Comme les triskels, les Om, les animaux hawaïens ou les conneries comme ça. Mais je sais pas si ça m'irait vraiment. Ça fait peur je trouve les trucs définitifs.

Il sourit, un sourire beaucoup plus grand que ceux qu’il avait eu jusqu’à présent, oui parler de tatouages lui faisait toujours cet effet-là. Et puis sa question était des plus pertinente, des plus surprenante, des plus… alléchante.
Oui ,il adorait tatouer les gens, il adorait pouvoir admirer leurs corps, et pourvoir les embellir, faire d’eux des œuvres uniques, des œuvres vivantes. Il aimait qu’ils s’aiment. Il aurait tout fait pour que dans leurs regards ils trouvent le plaisir de se regarder, de s’admirer, de se trouver beau. Car les gens étaient beau, chaque corps était diffèrent, beau à sa manière.

Toi comment tu fais pour pas te lasser de tes tatouages ? Ils ont chacun une signification particulière ? Si tu pouvais revenir en arrière tu les referais quand même ? …. Désolée je pose peut être trop de questions.

Il observa Lou et lui répondit.

« Ce qu’il faut dans un tatouage, c’est qu’il ait une signification pour toi, que tu puisse en le regardant voir une partie de toi, un souvenir, ou alors dire aux autres quelque chose que tu n’arrives pas à dire. Je … j’sais pas si je te connais assez pour savoir quoi te faire comme tatouage… c’est pas à moi de choisir, c’est plutôt à toi mais… »

Ses yeux brillaient de fascination, de la passion pure pour son art si incompris. Lentement, mu par la force surnaturelle de sa passion, il attrapa la main de Lou. Leur tout premier contact peau a peau, il trouva cela grisant.
Tom avait toujours été très sensible lorsqu’il touchait les gens, c’était d’ailleurs parfois ce qui déclenchait ses crises, ce contact, cet échange. C’était aussi ce qui lui permettait d’être plus proche d’une personne, d’essayer de la ressentir. Et c’est ce qu’il fit.
Il ferma les yeux, tout s’effaça autour de lui. Il effaça même sa propre présence de son esprit, pour se laisser submerger par la présence de Lou.
Lou.
Lou.
Lou .Seulement elle. Il sentait la peau douce sous la sienne plus rugueuse. Il sentait la peau froide, trempé par la pluie sous la sienne brulante de fièvre. Il sentait la palpitation de la vie entre ses doigts fins. Il sentait.
Il rouvrit les yeux un instant plus tard, lentement il sortit se sa poche arrière un feutre à l’eau fin qui ne le quittait presque jamais. Il caressa le bras de la jeune femme, et dessina sur la tranche de ce bras, un trait léger fin, pas quelque chose de voyant, surtout pas pour elle.
Il avait dessiné une fleur, simple et délicate sur le bras droit de la rose.

« Je ne sais pas.. j’ai pensé.. a une fleur de Pavot, une sorte de coquelicot… » Il fouilla dans ses souvenirs, dans tous les livres de symbolisme qu’il avait lu, pour se documenter, normal en tant que tatoueur il devait tout savoir la dessus. « ces plantes sont les attribut de Morphée le prince des rêves et du sommeil, il s’en sert pour endormir les humains et leur provoquer des rêves hallucinatoires, prophétiques. Elle est associé au silence, à la renaissance, à l’oubli, à la création… Et puis, c’est beau le pavot… c’est délicat et insaisissable comme un rêve. » Il lâche doucement le bras de la belle, et se gratte la nuque « c’est juste ce que j’ai ressent-… enfin… bref. »

Il n’était pas vraiment sûr que cette idée lui plaise, il fallait qu’elle se décide elle-même. Il préféra répondre à sa seconde question, il observa ses mains tout d’abord.

« Mes tatouages, sont une partie trop importante de moi, si je devais les refaire ? Sans hésiter oui. Milles fois oui et avec la douleur décuplée s’il le faut. Les mains… death.. pas très joyeux… j -» Les mots moururent dans sa gorge.. il ne savait pas… fallait-il dire ? se taire ? pourtant…. On lui offrait l’occasion de se confier… on lui tendait une perche. Il ne parlait pas souvent de sa vie, de son passé, chose qu’il avait tenté d’oublier, il avait peur du jugement, honte de lui et de ce qu’il avait été. Il avait peur qu’on le voit de la même façon que les gens l’avaient vu a l’hôpital, comme un junkie, un rebut de la société, indigne de vivre, comme … ce qu’il avait toujours été. Et pourtant, il sentait qu’avec Lou il pouvait tout dire, qu’elle ne le jugerait pas. En fait il en avait besoin, de savoir qu’il serait accepté malgré tout… malgré ce qu’il était. Il n’en n’avait pas parlé a Will de tout, cela, il était un peu au courant mais… les seuls qui savaient étaient les médecins. Il prit une grande inspiration.

« Commençons par le début ce sera plus simple… il y a… plus de 6 ans..7…8 ans peut être, j’me suis fait sauver la vie par un type, John Kerniss… C’était le plus grand tatoueur de new York. Il m’a pris sous son aile et je suis devenu son apprenti » Il enleva son sweat, dévoilant son torse marqué de toute ses arabesques d’encre noires et de quelques cicatrices. « Des lors que je suis rentré dans sa … Bande, je me suis fait tatouer son insigne sur le torse. Puis… au fils des ans il est devenu comme un père pour moi… et il a fait de moi une de ses œuvres vivantes, en finissant tout le haut de mon torse, et me marquant à vie d’une plus grande emblème dans le dos. Imagine la fierté que j’ai ressenti. Les arabesques sur les épaules font la liaison entre le passé et le présent et sur les bras, les cercles représentent l’esprit à l’état pur, tandis que les croix représente la matière, le tout rappelant les symboles solaire qui éloignent les mauvais sorts. » confia-t-il dans un sourire, nostalgique qui se teinta de tristesse par la suite, on arrivait à la partie de l’histoire qu’il avait du mal à confier. « Son salon était au plus haut, le plus côté de toute la scène underground de new-york… Mais… certaines raison firent qu’il finit par fermer.. John le supporta pas… c’était un type fier, inébranlable… sauf quand cela touchait à l’œuvre de sa vie qui fut… détruite. Alors en grand capitaine qu’il était-il… coula avec son navire. » Il durcit la mâchoire, pour ne pas se laisser envahir par le flot d’émotion que déferlaient en lui le souvenir « C’est moi qui ai trouvé son corps le matin en ouvrant le salon… A partir de là ce fut… la descente aux enfers… tu les as remarqué hein ? les marques sur mes bras… t’as compris. » il savait qu’elle savait, oui il savait qu’elle avait compris qui il était la première fois, quand elle avait vu les marques. « Je suis resté dans un squat…et.. » non, ça c’était trop dur… il ne pouvait pas… il savait qu’il en avait besoin d’en parler… mais ça ne voulait pas sortir… alors cela attendrait. « bref… j’ai fait une overdose, un truc monstrueux… et j’ai failli y laisser ma peau, j’ai frôlé la mort et ne m’en suis pas totalement sortit. Alors j’me suis fait ces marques sur les mains… » Sa voix s’étrangla un peu et se termina dans un murmure.

Il avait réussi, il avait parlé… Dans l’immédiat il ne savait pas s’il se sentait mieux ou pas. En fait il avait la désagréable impression d’un ventre qui se tordait, d’une tête douloureuse et d’étrange picotement dans les yeux. Et pour cause, aux yeux ocres teintés de fièvre étaient maintenant mêlé de légères larmes. Il sentit l’une d’entre elle couler un peu, c’est ainsi qu’il remarqua leur présence, il s’essuya distraitement le coin des yeux.. il n’allait pas se mettre à pleurer non plus. Peut-être que le fais qu’il soit affaiblit par la maladie jouait un petit peu dans l’équation.

« excuse-moi.. je… sais pas pourquoi je dis tout ça, je dois être fatigué. Et toi alors… parle-moi un peu de toi… ou si tu veux pas, parle-moi d’autre chose, raconte-moi une histoire, mens moi, mais parle… j’aime bien ta voix »
tout en disant cela il avait posé sa tête contre le fauteuil de cuir ou Lou était assise, il avait peur et apprendrait un peu la réaction de la jeune femme. Si jamais celle-ci horrifiée décidait de se lever et de partir, de le laisser, peut-être n’aurait-il pas la force de la retenir, car peut-être se briserait il sur place.




hors jeu.:
 



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MessageSujet: Re: Un colis pour Mr Floyd ~ feat Tom Floyd   Lun 26 Mai - 21:12

Un détail mais qui a son importance
~  Tom est un type bien. Un type à qui on peut tout confier. ~


« Ce qu’il faut dans un tatouage, c’est qu’il ait une signification pour toi, que tu puisse en le regardant voir une partie de toi, un souvenir, ou alors dire aux autres quelque chose que tu n’arrives pas à dire. Je … j’sais pas si je te connais assez pour savoir quoi te faire comme tatouage… c’est pas à moi de choisir, c’est plutôt à toi mais… »

Lou écoutait en silence. En effet, ce que disait Tom était tout à fait logique. Le tatouage étant définitif, la personne qui le portait devait le choisir elle même et être sûre qu'il lui plaise. Toutefois elle ne voyait toujours pas quel symbole ou dessin lui irait le mieux. Elle était en guerre avec cette pensée lorsqu'elle sentit le contact d'une main chaude sur la sienne. Malgré la surprise, elle ne sursauta pas. Ce contact était agréable et chaleureux. Les mouvement du junkie étaient lents et doux. En l'observant elle se rendit compte qu'il avait les yeux fermés. Elle sentit comme un flux d'énergie passer entre leur corps, via ce point de contact. Qu'était-il en train de faire ? Elle n'en avait pas la moindre idée mais elle sentit tout de suite que ce n'était pas naturel, et qu'il n'était pas un humain comme les autres. Lui, il avait quelque chose de plus que les autres, elle en était certaine. Puis il ouvrit les yeux, comme s'il sortait d'une transe. Il prit un feutre et dessina une magnifique fleur sur son bras.  

« Je ne sais pas.. j’ai pensé.. a une fleur de Pavot, une sorte de coquelicot… ces plantes sont les attribut de Morphée le prince des rêves et du sommeil, il s’en sert pour endormir les humains et leur provoquer des rêves hallucinatoires, prophétiques. Elle est associé au silence, à la renaissance, à l’oubli, à la création… Et puis, c’est beau le pavot… c’est délicat et insaisissable comme un rêve. C’est juste ce que j’ai ressent-… enfin… bref. »

Elle resta bouche bée devant cette suggestion. C'était comme s'il avait lu à l'intérieur d'elle comme un livre ouvert. Il avait senti ce qui était enfoui au plus profond de son être. Il avait presque deviné son don. Comment avait-il fait ? Son regard se posa sur sa main. Celle qu'il venait de lâcher. Elle sentait encore les résidus chauds du contact maintenant rompu. Là où il l'avait tenue, sa peau semblait agitée de petits picotements. Oui maintenant elle en était sûre, il avait regardé au plus profond de son âme et avait trouvé ce qu'elle avait caché au monde pendant des années. Cependant, ce qu'il avait découvert ne semblait pas l'effrayer. A quel point avait-il réussit à percer son secret ? Qu'avait-il vraiment découvert ? Il s'était arrêté de parler brutalement mais elle savait qu'il s’apprêtait à prononcer le mot « ressenti ». S'il avait juste senti la présence de son don et deviné approximativement de quoi il s'agissait, ce n'était pas bien grave. Mais s'il avait tout compris avec exactitude, ce n'était pas la même chose. Son regard se reposa sur lui. Elle ne pu qu'esquisser un sourire. Il ne semblait pas le moins du monde bouleversé et son attitude envers elle n'avait pas changé. Soit il n'avait rien découvert de concret soit il s'en foutait royalement. Les deux possibilités lui plaisaient de toute façon.

« Mes tatouages, sont une partie trop importante de moi, si je devais les refaire ? Sans hésiter oui. Milles fois oui et avec la douleur décuplée s’il le faut. Les mains… death.. pas très joyeux… j -»


Elle compris tout de suite que ce qu'il s’apprêtait à révéler était très émouvant. Il était hésitant. Elle lui laissa le temps dont il avait besoin pour se lancer. Il allait se confier à elle, ce n'était pas rien. C'était même trop important pour qu'elle gâche ce moment. Elle le vit prendre une grande inspiration avant de commencer.

« Commençons par le début ce sera plus simple… il y a… plus de 6 ans..7…8 ans peut être, j’me suis fait sauver la vie par un type, John Kerniss… C’était le plus grand tatoueur de new York. Il m’a pris sous son aile et je suis devenu son apprenti. Des lors que je suis rentré dans sa … Bande, je me suis fait tatouer son insigne sur le torse. Puis… au fils des ans il est devenu comme un père pour moi… et il a fait de moi une de ses œuvres vivantes, en finissant tout le haut de mon torse, et me marquant à vie d’une plus grande emblème dans le dos. Imagine la fierté que j’ai ressenti. Les arabesques sur les épaules font la liaison entre le passé et le présent et sur les bras, les cercles représentent l’esprit à l’état pur, tandis que les croix représente la matière, le tout rappelant les symboles solaire qui éloignent les mauvais sorts. Son salon était au plus haut, le plus côté de toute la scène underground de new-york… Mais… certaines raison firent qu’il finit par fermer.. John le supporta pas… c’était un type fier, inébranlable… sauf quand cela touchait à l’œuvre de sa vie qui fut… détruite. Alors en grand capitaine qu’il était-il… coula avec son navire. C’est moi qui ai trouvé son corps le matin en ouvrant le salon… A partir de là ce fut… la descente aux enfers… tu les as remarqué hein ? les marques sur mes bras… t’as compris. Je suis resté dans un squat…et..  bref… j’ai fait une overdose, un truc monstrueux… et j’ai failli y laisser ma peau, j’ai frôlé la mort et ne m’en suis pas totalement sortit. Alors j’me suis fait ces marques sur les mains… »

Quand il eut terminé, elle resta silencieuse. Elle voulait s’imprégner des paroles qu'il avait prononcé avec autant d'émotion. Elle l'avait écouté jusqu'au bout, sans le couper. Le récit avait été palpitant. Son histoire à lui était aussi compliquée que la sienne, si ce n'était plus. Elle s'en était en effet douté en voyant les marques sur son bras. Il n'avait pas évoqué son enfance, juste les quelques dernières années. Cependant, il avait dit que son John à lui l'avait « sauvé ». Cela signifiait que sa vie avant John avait été toute aussi douloureuse. Elle s'était contentée de fixer le mur d'en face rempli d'affichages diverses. Elle avait ainsi pu déceler toutes les intonations de sa voix. Les coupures, les hésitations, les tremblements.

« excuse-moi.. je… sais pas pourquoi je dis tout ça, je dois être fatigué. Et toi alors… parle-moi un peu de toi… ou si tu veux pas, parle-moi d’autre chose, raconte-moi une histoire, mens moi, mais parle… j’aime bien ta voix »

Elle sentit la tête brune et lourde se poser contre le fauteuil. Sa première réaction fut d’avoir un geste amical envers cet homme si bouleversé. Mais elle se ravisa. Elle n'était pas du tout tactile et n'était surtout pas habituée aux gestes affectifs. Cela l'avait toujours rendu mal à l'aise. Il faut dire qu'elle n'avait jamais vraiment eu l'occasion d'être affectueuse, ou même de recevoir de l'affection de la part de quelqu'un d'autre. Elle resta donc encore assise et silencieuse. Réfléchissant à la réponse qu'elle lui donnerait. Fallait-il qu'elle commente les révélations qu'il venait de lui faire ? Fallait-il qu'elle enchaîne en parlant d'elle ? Il voulait entendre une histoire ? Son histoire ? C'était un juste retour des choses en effet. Mais elle ne savait pas comment commencer. Elle sourit finalement en trouvant la solution au problème.

- Je te raconte un bout de ma vie - mais un bout seulement – à une seule condition.....

Elle laissa sa phrase en suspend. Ce n'était pas de l'hésitation. Elle était juste excitée par ce qu'elle voulait lui proposer. C'était comme un jeu. En fait, elle ne croyait pas elle même à ce qu'elle était en train de faire. La dernière fois qu'elle s'était sentie aussi audacieuse, s'était en la présence de John.

- Je veux que tu me fasses ce fameux tatouage, la fleur de pavot. Là maintenant. Ou après mon histoire, comme tu veux. J'adore l'idée. Bon pas en rouge, je préfère le rose. Mais c'était sacrément bien trouvé quand même. T'as lu en moi ou quoi ? On dirait que t'as déjà deviné ce qui se cache dans ma tête alors qu'on se connaît presque pas.  

Et c'était vrai. Même si elle soupçonnait qu'il l'avait comprise en usant d'un certain don, cela restait impressionnant. Personne n'avait jamais réussit à la comprendre aussi bien en si peu de temps. Si peut-être John. Sa rencontre avec ce dernier avait été un peu similaire. Ils s'étaient bien entendus dès le début. Il lui avait raconté son douloureux passé, elle avait fait de même. Sauf qu'aujourd'hui, le grand brun et elle n'avait pas seize ans mais pas loin de la trentaine. Elle se rendit compte qu'elle était encore en train de comparer cet homme à son vieil ami d’enfance. Finalement, son récit était tout trouvé.

- Moi aussi mon John m'a sauvé la vie, enfin en quelque sorte. Je suis maudite, je fais du mal au gens qui m'entoure sans le faire exprès. Depuis toute petite.... Je porte malheur quoi. J'ai jamais connu mes parents. Ma mère est morte en me mettant au monde. Mon père, lui, s'était déjà barré depuis longtemps. Mes parents adoptifs sont devenus fous, à cause de moi. Après j'ai été dans plusieurs familles d'accueil. Heureusement je suis pas restée assez longtemps pour les rendre fous eux aussi. Enfin, dès que je commençais à m'attacher à eux ils avaient les premiers symptômes de la folie qui apparaissaient. Je faisais en sorte de changer de foyer à ce moment là, pour pas trop les affecter.

Elle s'arrêta et hésita. Jusqu'où pouvait-elle aller en révélant son histoire ? William avait évoqué le fait que les humains ne devaient jamais être au courant de leur existence. C'était presque une question de vie ou de mort. Elle espérait avoir respecté le contrat qui la liait à son côté démoniaque.

- J'ai rencontré John au collège. Il s'habillait en gothique pour faire peur aux autres. Je crois que c'était pour lui une façon d'avoir la paix tu vois. Moi j'ai pas eu peur. Au contraire, je voulais qu'on me foute la paix à moi aussi. Avec John j'étais tranquille. Et puis il me comprenait lui. Les autres ne comprenaient rien. Ils me comprenaient pas. Ils croyaient qu'on sortaient ensemble. La blague. John était gay. Il pouvait rien se passer. Bref. Avec John je me suis sentie vivante pour la première fois....  On a fait toutes les conneries imaginables. Il avait des délires assez bizarres. Ils croyaient aux esprits, aux fantômes, les trucs comme ça. Les meilleures soirées que j'ai passées avec lui c'est quand on allait dans le cimetière. On jouait aux cartes sur les tombes, on invoquaient les esprits, on a même dormi à la belle étoile là-bas.... Mais il est mort... à cause de m....

Sa voix s'étrangla, elle n'arrivait pas à le dire. Les souvenirs étaient douloureux. Elle revit le visage de John. Le John heureux lorsqu'il parlait soi-disant aux gens de l'au delà. Et puis le John devenu fou, qui se jette par la fenêtre, en cette fameuse nuit de nouvelle lune. La première de l'année de ses seize ans.

- Enfin depuis qu'il est plus là je certaine qu'il y a un truc qui tourne pas rond chez moi. Et je sais que c'est à cause de mon père. Afin à cause de ce qu'il est. Je sais pas exactement ce qu'il m'a transmis. Je veux justement le découvrir. J'ai voyagé pas mal pour essayer de trouver des réponses. Dans les bouquins y'a rien de vraiment concret. J'ai finalement appris qu'ici je pourrais en savoir plus. Et c'est vrai, j'en ai déjà appris plus en quelques semaines qu'en plusieurs années de recherche.  

Elle s'arrêta de nouveau, se demandant si vraiment elle n'était pas allée trop loin dans son récit. Finalement elle avait presque raconté toute sa vie. Elle tourna la tête vers son locuteur. Il semblait paisible. En proie à une profonde réflexion. Non, elle était sûre qu'il ne la jugerait pas, au même titre qu'elle ne le jugerait pas. Comme il ne réagissait pas elle relança sa proposition.

- Bon tu me le fais ce tatouage alors ? J'l'ai bien mérité non ? Bien sûr je te l'paye hein. Tout travail mérite salaire.

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MessageSujet: Re: Un colis pour Mr Floyd ~ feat Tom Floyd   Sam 31 Mai - 18:07


Le tatoueur en action.



Il avait la tête posée sur le cuir rouge et froid de son fauteuil, les yeux fermés. Quelques temps passèrent, et la belle rose ne bougea toujours pas. Cela le rassura, au moins peut être ne voulait elle pas s’enfuir après cette épanchée de sentiments. Il repensa à son récit, tout le temps où sa bouche c’était agitée, ou elle avait été coupée moult fois par les hésitations, les respirations difficiles, voir même par l’émotion ressentie : Lou n’avait pas bougé. Elle n’avait pas dit un mot se contentant de fixer le mur en face d’elle, et il l’en remerciait. Il n’avait pas eu comme ça a affronter le regard de quelqu’un, elle s’était juste comportée comme une oreille attentive et rien d’autre.
Sa tête tournait un peu, et sa respiration se faisait lourde, dans le silence rien ne bougeait. Il sentit remuer son amie à côté de lui, peut-être ne savait elle pas quoi faire ? un geste affectueux ou pas ? De tout façon Tom avait bien compris qu’elle n’était pas plus à l’aise que lui avec les contacts. Alors ne rien faire, ne rien dire, du moins pour l’instant pour mieux réfléchir, voilà une bonne idée.

Je te raconte un bout de ma vie - mais un bout seulement – à une seule condition.....

Alors c’était comme ça ? un marché ? un pacte passé entre eux, rien qu’entre eux. Tu me donne un truc, je te donne ça. Un troc sentimental, amical. Oui l’idée lui plaisait. Mais restait à savoir ce que la jeune reine désirait. Il releva lentement la tête et rouvrit les yeux, ne cachant nullement son air intrigué, et tomba nez à nez avec le sourire le Lou qui se faisait joueur, plaisant de garder le suspense. Et ce sourire lui plaisait d’autant plus qu’il brillait d’une audace retrouvée.

Je veux que tu me fasses ce fameux tatouage, la fleur de pavot. Là maintenant. Ou après mon histoire, comme tu veux. J'adore l'idée. Bon pas en rouge, je préfère le rose. Mais c'était sacrément bien trouvé quand même. T'as lu en moi ou quoi ? On dirait que t'as déjà deviné ce qui se cache dans ma tête alors qu'on se connaît presque pas.

Tom resta un instant interdit, silencieux. Puis un large sourire vint fendre ses lèvres fines, plus profondément heureux que tous ceux qu’il avait pu avoir en sa présence. Se rendait elle compte de ce qu’elle disait ? Du bonheur que cela provoquait chez le tatoueur ?
Peut-être pas, mais il s’en fichait il l’en remerciait profondément. Lui qui se plaignait toujours de n’avoir jamais de clients, voilà qu’une lui tombait du ciel, et pas des moindres.
Il laissa un petit blanc couler et confia.

« Le client est roi, enfin reine. » il se gratta la nuque, ne sachant s’il devait confier son extra sensibilité a une autre personne que les docteurs. Mais Lou, il pouvait tout lui confier, il en était sûr, puisqu’il lui avait parlé de sa vie, puisqu’elle allait faire de même. Il lui en parlerait si elle lui posait la question, oui , il répondrait à toutes ses questions si elle avait envie de les poser. Il y répondrait honnêtement puisqu’il n’avait rien à lui cacher. « ah… lu en toi. Disons que je vois ce qu’il y a en nous comme un aveugle regarderait un film… C’est un peu compliqué »
Oui l’explication était sibylline mais c’est ce qui caractérisait le mieux sa malédiction. Il ne voyait pas tout mais pouvait saisir des brides, quelques sensations. Couplé à ses hallucinations évidement…


« Moi aussi mon John m'a sauvé la vie, enfin en quelque sorte. Je suis maudite, je fais du mal au gens qui m'entoure sans le faire exprès. Depuis toute petite.... Je porte malheur quoi. J'ai jamais connu mes parents. Ma mère est morte en me mettant au monde. Mon père, lui, s'était déjà barré depuis longtemps. Mes parents adoptifs sont devenus fous, à cause de moi. Après j'ai été dans plusieurs familles d'accueil. Heureusement je suis pas restée assez longtemps pour les rendre fous eux aussi. Enfin, dès que je commençais à m'attacher à eux ils avaient les premiers symptômes de la folie qui apparaissaient. Je faisais en sorte de changer de foyer à ce moment là, pour pas trop les affecter. »

Il remarqua nettement les moments d’hésitation mais resta muet. Les voilà parlants de leurs Johns, un sujet commun qui semblaient tellement les rapprocher. Il ne brusqua pas la jeune femme, il savait qu’il y avait des choses que l’on ne veut pas dire, peut-être pas au moment, ou que l’on a pas le droit de dire. Il fallait pour cela faire attention à ses mots et les chercher avec attention.
Il médita un instant sur le sens de la malédiction de Lou. Chacun la sienne après tout, cela ne l’effrayait pas le moins du monde. Mais il se sentait terriblement compatissant envers cette jeune femme, il comprenait la solitude, le manque d’amour maternel, l’absence du père. Et il n’osait pas imaginer la douleur de devoir se séparer de ces gens qui pouvaient combler ce terrible vide au fond du cœur, et de devoir s’en séparer de son propre choix.

« J'ai rencontré John au collège. Il s'habillait en gothique pour faire peur aux autres. Je crois que c'était pour lui une façon d'avoir la paix tu vois. Moi j'ai pas eu peur. Au contraire, je voulais qu'on me foute la paix à moi aussi. Avec John j'étais tranquille. Et puis il me comprenait lui. Les autres ne comprenaient rien. Ils me comprenaient pas. Ils croyaient qu'on sortaient ensemble. La blague. John était gay. Il pouvait rien se passer. Bref. Avec John je me suis sentie vivante pour la première fois.... On a fait toutes les conneries imaginables. Il avait des délires assez bizarres. Ils croyaient aux esprits, aux fantômes, les trucs comme ça. Les meilleures soirées que j'ai passées avec lui c'est quand on allait dans le cimetière. On jouait aux cartes sur les tombes, on invoquaient les esprits, on a même dormi à la belle étoile là-bas.... Mais il est mort... à cause de m....»


Ce John, le brun l’aima bien. Oui ça devait être quelqu’un de bien pour que Lou en parle avec une telle voix. Il ferma les yeux un instant comme pour honorer son souvenir. Lorsque la voix de la rose s’étrangla à la fin de sa phrase, il ne bougea pas. Il savait qu’elle voulait continuer de parler, et en cet instant il n’était pas bon de la couper puisqu’elle-même se remémorait celui qu’avait été son John. Alors il était mort à cause d’elle ? à cause de sa malédiction ? Le junkie médita, alors elle devait porter le poids de la mort, pour quelque chose qu’elle ne voulait surement pas. Elle devait se torturer l’esprit avec et cela devait lui pourrir le cœur, comme une épine. Il fit la moue, persuadé que ce n’était pas sa faute, mais que jamais elle n’entendrai raison, s’auto condamnant à la solitude.

« Enfin depuis qu'il est plus là je certaine qu'il y a un truc qui tourne pas rond chez moi. Et je sais que c'est à cause de mon père. Afin à cause de ce qu'il est. Je sais pas exactement ce qu'il m'a transmis. Je veux justement le découvrir. J'ai voyagé pas mal pour essayer de trouver des réponses. Dans les bouquins y'a rien de vraiment concret. J'ai finalement appris qu'ici je pourrais en savoir plus. Et c'est vrai, j'en ai déjà appris plus en quelques semaines qu'en plusieurs années de recherche. »
Tom hocha la tête. Il était naturel de vouloir son père après tout… Enfin lui n’y avait jamais songé. Après tout, il n’était qu’un client qui avait engrossé sa mère, à quoi bon vouloir le chercher. A part souffrir il ne trouverai rien de bon. C’était surement un type fortuné, en apparence très bien sur lui. Cadre dans une entreprise, une jolie femme, trois beaux enfants, des parents à la campagne et une jolie maisonnette a la mer. Ou alors c’était un type pourrit jusqu’à la moelle, complètement à bout qui usait de sa maigre paye pour des coups d’un soir avec des prostituées. Qu’elle que fut sa vie, elle avait peut être pris un très mauvais tournant, il s’était peut-être déjà tiré une balle dans la tête, ou avait fait plus classique, en sautant du haut d’un immeuble. Les suicides comme ceux-là étaient chose courante à New-york.
Non, il n’avait jamais vraiment cherché à vouloir le trouver. Il ne lui avait pas manqué puisqu’il ne l’avait pas connu. Il ne ressentait rien envers lui.
Mais, il comprenait parfaitement le sentiment qui animait la quête de son amie.
Il médita encore, paisiblement. Il se disait que Lou lui avait raconté plus qu’un simple bout de sa vie, mais cela ne le gênait pas : il ne la jugerait pas.

Bon tu me le fais ce tatouage alors ? J'l'ai bien mérité non ? Bien sûr je te l'paye hein. Tout travail mérite salaire.

Tout en se levant il rétorqua.
« J’connais pas grand monde à Sygridh, mais j’croise des gens parfois… Tu sais a quoi il ressemble ton père ? Si jamais un jour j’trouve un truc… Et, Il est hors de question que tu débourses ce serait ce qu’un kopeck »

Ajouta t-il en souriant alors qu’il se dirigeait vers son comptoir. Là une souris noire l’attendait. Il l’observa un instant, elle semblait faite de fumée, et le fixait de ses yeux de jades, légèrement irritée.

« dis donc toi ! à force de faire des ristournes aux premières minettes venues tu vas finir sur la paille et ..»
Il balaya la souris d’un geste de la main lançant un petit « sht, tais-toi » La petite chose brumeuse se rebiffa et lui mordit la main avant de disparaitre. Il la retira vivement. Mais, aucune goutte de sang ne perlait de celle-ci, aucunes marques de crocs sur sa peau halée.
Il le savait, encore quelque chose venu de sa tête, une hallucination, son inconscient qui parlait, son esprit malade. Cela ne le gênait pas, il vivait avec depuis l’enfance : parfois c’était un objet qui parlait, un animal issu de son esprit, parfois il disait des choses qui étaient ses pensées, parfois il croyait en faire d’autre mais ne les avait jamais faites. Il n’était jamais sûr de rien, et ne pouvait pas se faire confiance, c’était un fait.
Il attrapa ses lunettes derrière le comptoir et les mit sur son nez, elles étaient un peu abimé, et avaient d’épaisse branches noires. Comme ça, il y verrait mieux. Il n’avait pas peur que sa fièvre puisse fausser son art, il aurait fallu lui arracher les deux bras pour l’empêcher de tatouer quelqu’un.
Il revint vers la Rose, toujours un sourire aux lèvres et approcha son tabouret et ses outils du fauteuil, sortant une paire de gants il se mit à parler. Parler aidait toujours à oublier la douleur.

« Je propose de faire ce tatouage sur le bras gauche, l’avant-bras, près du pouce » Il commença à sortir ses encres, et à emboiter ses aiguilles, dans des gestes sûr et inconscient. « L’endroit où on fait un tatouage est important. » Tout en parlant, il commençait à tracer au stylo les contour de son dessin. En moins de 20 minutes il aurait réalisé ce tatouage, et allumant sa machine, il se mit à parler tout le long, laissant courir ses doigts fin sur la peau pâle, gardant une concentration extrême sur son travail. « Hum… par exemple, il y a certain endroit très sensuels.. Comme sur l’épaule, c’est comme une invitation, une envie d’effaroucher son voyeur. Dans le cou, derrière l’oreille, c’est un endroit que j’aime beaucoup, On ne peut voir le motif que quand on vous susurre quelque chose à l’oreille »

Il continua à parler ainsi légèrement euphorique de pouvoir exercer son art, de pouvoir toucher un corps, oh ce n’était pas grand-chose, ce n’était peut-être pas intéressant. Peut-être le prendrait on pour un fou, mais tant pis, c’était déjà fait depuis longtemps.

« et voilà… » Lâcha-t-il une fois son travail fini, passa un mouchoir sur la main de la jeune femme, enlevant les traces d’encre indésirable. « Et sur les mains c’est autre chose… C’est une main tendue, un espoir, une invitation. C’est aussi une manière de se présenter aux autres sans rien leur dire. »

Le junkie enleva ses gants puis rangea ses outils calmement. Il était un peu anxieux... Est-ce que cela allait lui plaire ? Il l’espérait car il avait mis de la douceur et de l’attention dans chacun de ses gestes. Il releva ses lunettes et se frotta les yeux, il devait avoir l’air épuisé, puisque d’un coup il relâcha toute la concentration qu’il avait réuni pour son travail, sa fièvre et ses maux de têtes revenant au galop. Il lança néanmoins quelques mots en se relevant, tout chancelant.

« alors ? ça te plait ? C’est Will qui aura une surprise ahah… Bon il faut que je te fasse un pansement, pour éviter qu’il ne t’arrive malheur… »


hors jeu:
 



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MessageSujet: Re: Un colis pour Mr Floyd ~ feat Tom Floyd   Lun 2 Juin - 21:39

Une belle image
~ Un tatoueur et une serveuse dans une boutique poussiéreuse. L'un est victime d'hallucinations, l'autre les crée. ~


« J’connais pas grand monde à Sygridh, mais j’croise des gens parfois… Tu sais a quoi il ressemble ton père ? Si jamais un jour j’trouve un truc… Et, Il est hors de question que tu débourses ce serait ce qu’un kopeck »

Lou sourit devant la remarque de l'artiste. Le ton était catégorique. Elle ne pouvais pas contester. Pourtant il semblait bien avoir besoin de cet argent. Elle n'estima pas bien haut le nombre de clients qui passaient le pas de cette porte. Bon, tant pis, elle essayerait de se racheter d'une façon ou d'une autre, plus tard. Bien qu'un café n'ait pas la même valeur qu'un tatouage, surtout de cette qualité. En fait il vaudrait sûrement un an de café gratos au Sinful Souls. Elle demanderait à William de le déduire de son salaire. Elle ne voyais pas ce qu'elle pouvait faire d'autre.

- Non. Je sais pas du tout de quoi il a l'air. J'ai essayé de me le représenter, par rapport aux photos de ma mère, en éliminant tout ce qui me venait d'elle, mais j'ai pas réussi. Si y'a juste un truc dont je suis sûre. C'est en me regardant dans le miroir pendant des années que j'en suis venue à cette conclusion. La couleur de mes cheveux, ça vient forcément de lui.

Elle le laissa préparer son matériel en silence, elle ne voulait pas le distraire. D'autant qu'il allait lui imprimer un dessin qu'elle garderait à vie sur le corps. Même si, pour une raison inconnue, elle lui faisait totalement confiance, elle ne voulait prendre aucun risque. Mais plus que cette appréhension, c'était la concentration dont il faisait preuve qui impressionnait la jeune femme. Tout avait l'aire ritualisé. Les gestes étaient précis, presque académiques. C'est dans ce silence qu'elle l'entendit murmurer qu'elle que chose qu'elle ne comprit pas. Elle le revit quelques secondes plus tard. Il avait des lunettes à branches épaisses sur le nez. Cela accentua son ton sérieux qu'il avait adopté dés qu'il s'était levé. Un professionnel en action. Un vrai artiste même. Elle ne voyait plus le moindre signe de fatigue ou de fièvre sur son visage. La tâche qu'il avait à accomplir semblait l'avoir transformer. Elle évita de trop regarder les outils qu'il avait approchés. Ce n'est pas qu'elle avait peur des piqûres. Elle était juste un peu sensible. Il faut dire que les outils étaient impressionnants. Elle concentra son attention sur le mur d'en face et détailla les différents éléments de décorations, encore une fois. Décidément, à force de contemplation, elle finirait par les connaître par cœur en sortant d'ici.

« Je propose de faire ce tatouage sur le bras gauche, l’avant-bras, près du pouce »

Elle acquiesça de la tête, l'endroit lui semblait également bien approprié. Les clients le verraient très facilement. Sauf lorsqu'elle porterait le plateau. Elle portait toujours son plateau de la main gauche. Elle ne s'était même pas demandée si cela gênerait son nouveau patron. Elle avait vu tellement de collègues serveurs porter des tatouages. Et pas n'importe lesquels. Ils étaient beaucoup moins poétiques que celui-ci. L'un de ses collègues d'Espagne avait un crane sur l'épaule qu'il adorait exhiber. Un autre, en Louisiane, en présentait autant que Tom ici présent. Une autre encore s'était fait tatouer une toile d'araignée sur le cou. Rien à voir avec cette petite fleur de pavot rose.

« L’endroit où on fait un tatouage est important. Hum… par exemple, il y a certain endroit très sensuels.. Comme sur l’épaule, c’est comme une invitation, une envie d’effaroucher son voyeur. Dans le cou, derrière l’oreille, c’est un endroit que j’aime beaucoup, On ne peut voir le motif que quand on vous susurre quelque chose à l’oreille »

Le discours d'un pro. Ni plus ni moins. Cela était passionnant et elle but littéralement ses paroles. Elle avait eu un jour entre les mains un ouvrage qui répertoriait les motifs et significations des tatouages de différentes ethnies du monde. Elle se promit de tout faire pour se le procurer de nouveau et en apprendre encore plus sur ces œuvres d'art. Plus encore, elle appréciait particulièrement cet exposé car il lui évitait de trop penser à la douleur. Et elle en était profondément reconnaissante. Après un temps qui lui parut étonnamment court – elle s'attendait à ce que cela dure beaucoup plus longtemps – Tom s'arrêta et lui annonça que l’œuvre était achevée. Elle baissa son regard sur la partie située entre le poignet et le pouce de sa main gauche. Elle en resta bouche bée.

« et voilà… Et sur les mains c’est autre chose… C’est une main tendue, un espoir, une invitation. C’est aussi une manière de se présenter aux autres sans rien leur dire. »

- Une invitation ….

Elle ne put s'empêcher de répéter ce mot. Elle aimait bien l'idée. Elle adorait même. Elle tendait souvent la main à ses client, pour donner et recevoir en retour : pour leur donner leur collation puis récupérer leur argent. Elle trouvait ce geste assez détaché et apathique. Elle détestait l'idée de donner seulement pour recevoir en retour. Mais maintenant elle ferait ce geste différemment. Sa fleur de pavot pourrait apaiser l'échange. Le rendre plus poétique.

« alors ? ça te plaît ? C’est Will qui aura une surprise ahah… Bon il faut que je te fasse un pansement, pour éviter qu’il ne t’arrive malheur… »

- Oh oui c'est parfait. Et encore plus que ça. Ça rend encore mieux que ce que j'imaginais. Et Will ne pourra rien dire. C'est pas comme si je revenais avec un troisième œil tatoué en plein milieu du front... Ça va ?

Alors qu'elle contemplait l'ouvrage, elle aperçut l'artiste vaciller du coin de l’œil. Le travail semblait l'avoir épuisé. La fièvre revenait aussi vite qu'il l'avait chassée avant de commencer sa tâche. Elle n'attendit même pas de réponse. Elle le rattrapa avant qu'il ne s’effondre et le força à s’asseoir dans le fauteuil qu'elle avait suffisamment squatté à son goût. Elle le laissa là et disparut dans l'arrière boutique sans rien dire en ayant pris soin de rapporter avec elle la tasse à café de son hôte. Elle retrouva vite le chemin de la machine et inonda le récipient du précieux liquide sombre. Puis elle chercha dans le désordre un verre propre. Elle trouva rapidement ce qu'elle cherchait et le positionna sous le robinet pour le remplir d'eau. Elle revint vers le junkie et lui tendit la tasse et le verre.

- Tiens je t'ai rapporté un verre d'eau. J't'ai mis aussi du café pour te requinquer, apparemment tu carbures à ça. Enfin, c'est pas moi qui vais t'en faire le reproche hein, je bois plus souvent du café que de l'eau. T'as pas mangé depuis combien de temps ? Tu veux que je t'ouvre ton pamplemousse ? Sinon je peux te faire cuire l'endive. Avec le jambon ça passe plutôt bien.

Sans attendre de réponse elle attrapa le sac de provision et en sortit les ingrédients. Seulement, il manquait quelque chose. Ce n'était que du détail mais pour elle c'était très important.

- Ha non, il te manque quelque chose... la crème fraîche. Tu peux pas faire d'endives au jambon sans crème. C'est comme si tu faisais … des pâtes carbo sans lardon. Non sérieux, il a pas beaucoup réfléchit le big boss là sur ce coup. Bon c'est pas grave, tu sais quoi j'vais commander une pizza. J'sais où ils font les meilleures de la ville. C'pas loin en plus, ils livrerons ici.

Encore sans attendre elle sortit son téléphone et commanda une reine. Double dose de gruyère s'il vous plaît. Supplément œuf ? Non bof pas terrible pour quelqu'un d'aussi maigrichon, faudrait pas qu'il fasse une indigestion. Non mais Fabio tu sais très bien que j'aime pas les poivrons, non mais réfléchit ! Combien !? Attend, tu me prends pour une touriste ou quoi ? A ce prix tu me rajoutes un soda et encore plus de gruyère. Non mais ! Et dépêche-toi de la livrer. La dernière fois elle est arrivée froide. Sinon demain je t'envoie le service hygiène. Ha non tiens c'est pas la même adresse, tu fais bien de demander. Après de longues minutes de négociation. Elle raccrocha et s'installa cette fois-ci sur le petit tabouret.

- T'inquiète pas c'est du fait maison et y'a aucun rat qui traîne dans les cuisines. C'est juste un dialogue entre pro de la restauration. C'comme ça qu'on communique. Le livreur sera là dans quinze minutes.

Finalement elle se tut et se balança en faisant légèrement tourner le tabouret de droite à gauche, puis de gauche à droite. Après une courte réflexion elle se dit que cela ne se faisait peut-être pas d'imposer une livraison à domicile comme cela. Elle était tellement à l'aise qu'elle en oubliait les bonnes manières. Enfin, elle ne les connaissait pas vraiment en fait, mais quand même, ça, elle savait que c'était déplacé et qu'il pouvait mal le prendre. Elle attendit cependant de voir sa réaction avant de trop tergiverser.


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MessageSujet: Re: Un colis pour Mr Floyd ~ feat Tom Floyd   Lun 9 Juin - 12:51


une pizza royale.



Il appréhendait un peu la réponse de la rose. Effectivement il s’était vasé sur son ressentie, et savais parfaitement que sa technique n’avait rien à envier aux plus grand. Mais il y avait une chose qui caractérisait Tom : c’était qu’une fois l’euphorie de l’art passé, il ne restait que le doute, il n’avait absolument pas confiance en lui, en ce qu’il était.
Et pourtant Lou sembla aimer l’idée, l’idée de l’invitation. C’est vrai que si elle était serveuse, ce tatouage était comme une extension de son âme pour mieux parler au client, pour mieux les mettre en confiance. Et puis, c’était discret et délicat ce n’était pas quelque chose d’énorme comme ses propres tatouages, ou quelque chose de profondément provocateur.
Il l’écouta parler tandis qu’il appliquait un pansement avec soin, un pansement transparent pour qu’elle puisse tout de même le voir. Transparents… Cela le fit penser a Lola, et il ne put s’empêcher de sourire.

Oh oui c'est parfait. Et encore plus que ça. Ça rend encore mieux que ce que j'imaginais. Et Will ne pourra rien dire. C'est pas comme si je revenais avec un troisième œil tatoué en plein milieu du front... Ça va ?

Cette phrase flatta legèrement son ego d’artiste, mais il fut aussi profondément heureux de la réaction de Lou. Alors cela lui plaisait ? Alors il était le plus heureux des hommes. Il s’amusa un instant de sa réflexion. Il imaginait sans mal la tête de Will a la vue de la jolie Lou avec un troisième œil en plein milieux du front, il le voyait sans mal hausser les sourcils, et dessinait parfaitement son œil agité d’un tique nerveux entre incompréhension et agacement profond.
Soudain, il se sentit mal. Il sentit revenir au galop la fièvre et les maux de tête oubliés. Bien sûr ils n’étaient pas partis, ils avaient toujours été là, juste que cet instant de répit lui avait permis de les oublier. Et comme pour appuyer leur retour ils se firent de plus en plus virulent ce qui ne manqua pas de le faire presque défaillir. Heureusement la jeune femme sembla avoir remarqué cela et le rattrapa, lui évitant de s’étaler avec la grâce d’une crêpe trop cuite sur son sol.
Il ne compris pas trop comment mais elle réussit à l’assoir dans son fauteuil de cuir, dans lequel il s’enfonça, rejetant sa tête en arrière, elle qui était si lourde. Il savoura un instant le courant d’air frais qui balaya son visage ses mèches d’encre legèrement collées à son front par la sueur. Il se sentait legèrement fébrile et lorsqu’il rouvrit les yeux, ce fut Lou qu’il vit. Lou et une tasse de café ainsi qu’un verre d’eau.
Il accepta l’eau sans rechigner, c’est vrai qu’il avait soif et que sa gorge était horriblement rauque et sèche, et de l’autre main il attrapa sa tasse de café à nouveau remplie. En fait, Lou avait surement compris comment amadouer le tatoueur, lui offrir du café lorsque ses batteries étaient à plat.

Tiens je t'ai rapporté un verre d'eau. J't'ai mis aussi du café pour te requinquer, apparemment tu carbures à ça. Enfin, c'est pas moi qui vais t'en faire le reproche hein, je bois plus souvent du café que de l'eau. T'as pas mangé depuis combien de temps ? Tu veux que je t'ouvre ton pamplemousse ? Sinon je peux te faire cuire l'endive. Avec le jambon ça passe plutôt bien.

Et oui, elle l’avait bien cerné. Autant sur le plan du café que de la nourriture. D’ailleurs, depuis combien de temps n’avait-il pas mangé ? Un jour ? deux jours ? bof… ce n’était pas très important.
Il déglutit et sourit legèrement, si le doc l’entendait, il piquerait une de ces crises.


Ha non, il te manque quelque chose... la crème fraîche. Tu peux pas faire d'endives au jambon sans crème. C'est comme si tu faisais … des pâtes carbo sans lardon. Non sérieux, il a pas beaucoup réfléchit le big boss là sur ce coup. Bon c'est pas grave, tu sais quoi j'vais commander une pizza. J'sais où ils font les meilleures de la ville. C'pas loin en plus, ils livrerons ici.

La réponse était rapide, en fait elle parlait un peu toute seule, car actuellement le cerveau de Tom pataugeait un peu dans la semoule. Il aurait voulu répondre quelque chose, protester ou même faire valoir son point de vue sur la chose, mais sa bouche n’arrivait plus pour le moment à s’articuler pour sortir une phrase un tant soit peu concrète. Et puis, quand bien même il aurait réussi à parler, est ce que sa remontrance aurait été valable pour une forte tête comme la demoiselle ? il en doutait fortement.
Alors, il se tu et l’observa composer le numéro de la pizzeria sur le clavier de son téléphone, et grimaça en silence a chaque phrases de la belle.

« Double dose de gruyère s'il vous plaît. » double ? eh bien, il espérait ne pas avoir à tout manger tout seul « Supplément œuf ? » il déglutit, oh nan pitié, il n’osait pas imaginer la tête de ce monstre. « Non bof pas terrible pour quelqu'un d'aussi maigrichon, faudrait pas qu'il fasse une indigestion. » maigrichon hé !...oui bon elle n’avait pas vraiment tort « Non mais Fabio tu sais très bien que j'aime pas les poivrons, non mais réfléchit ! » Très bon plan, les poivrons … beurk, il pencha la tête, de la drogue et des poivrons, un peu plus et on l’appellerai Bowie. « Combien !? Attend, tu me prends pour une touriste ou quoi ? A ce prix tu me rajoutes un soda et encore plus de gruyère. » Le junkie commençait à avoir vraiment peur de la tête de cette pizza, ou plutôt de ce gruyère à la pizza « Non mais ! Et dépêche-toi de la livrer. La dernière fois elle est arrivée froide. Sinon demain je t'envoie le service hygiène. Ha non tiens c'est pas la même adresse, tu fais bien de demander »

Le brun était impressionné par cette négociation si savamment menée, c’est que la p’tite Lou savait où elle allait. Il se dit qu’elle avait déjà dû travailler dans la restauration ou quelque chose dans le genre pour être si au fait de comment parler avec un pizzaiolo, ou alors elle en commandait très souvent. Il lui fit un sourire fiévreux alors qu’elle revint s’assoir à côté de lui, sur le tabouret qu’il occupait il y a quelques instant. Alors, ils avaient échangé leurs places, la reine lui ayant laissé le trône ? Le bouffon qu’il était avait fini par se faire anoblir dans le cœur de la demoiselle. Il reporta son regard sur la boutique. Oui, ici c’était lui le roi.

T'inquiète pas c'est du fait maison et y'a aucun rat qui traîne dans les cuisines. C'est juste un dialogue entre pro de la restauration. C'comme ça qu'on communique. Le livreur sera là dans quinze minutes.

Il rit, doucement, son visage s’étirant, se fendant d’un simple sourire, creusant ses joues plus creuses encore de discrètes fossettes.
Il pencha la tête et observa la petite tête rose, qui se balançait sur le tabouret, comme une enfant s’amusant à le faire tourner dans tous les sens. D’aucuns l’aurait trouvé impulsive, voir irrespectueuse de s’imposer de la sorte, mais pas Tom. Tom appelait ça de la franchise, et c’était une qualité qu’il appréciait, et, si elle pouvait se permettre de telles initiatives, c’est que la présence du tatoueur la mettait assez à l’aise pour cela.
Il sourit à nouveau, cette fille avait le don de l’attendrir, et sans savoir expliquer pourquoi il se sentait proche d’elle, comme un ami que l’on aurait connu depuis toujours, avec qui on ne s’embête pas des bonnes manières, du qu’en dira-t-on ou même du superflu paraître. Peut-être était-ce leurs Johns, leur enfance solitaire, leur amour des vieilleries, leurs nouveau départ ici, ou peut-être était-ce un coup du destin, qui pour se faire pardonner de toutes ces misère causées les avaient mis sur le même chemin. Alors dans un geste affectueux il se pencha et ébouriffa doucement les cheveux rosés.

« T’es une forte tête miss, j’me trompe ? j’aime bien ça… On te marche pas sur les pieds. » il s’arrête un instant pour tousser fortement, service encore de sa maladie passé, il sort de sa poche une boite de gélules et en prends deux, histoire de calmer cette toux. Soudain, il associe les médicaments a autre chose et lève vivement la tête « attends… Des cheveux rose tu dis ? mais… J’connais un type aux cheveux roses ! ouais, c’est le doc qui s’occupe de moi à l’hosto. Isaac Flymel… Si ça te dis je t’emmènerai le voir. Je sais pas si y’a des chances que ce soit ton paternel, mais on peut toujours tenter. »

Il parla encore un peu avec Lou, parfois leur dialogue était entre coupé de silence, se fondant dans le calme de la boutique, quand un son de sonnette vint les couper. Ah, la reine des pizza pour la reine et son bouffon-roi venait d’arriver aux portes de leur château, dans le carrosse-vespa de son livreur.
Chancelant, vacillant Tom se leva et alla querir leur souper dans les mains du livreur, fouillant ses poches il trouva un vieux billet froissé qu’il tendis comme pourboire au type en face de lui. Il ne savait pas si ça se faisait ici, mais sa vie passée lui avait laissé ce genre d’automatismes.

Il revint avec le corton chaud et odorant entre ses mains tatouée et se rassit dans son trône de cuir rouge. Il souleva délicatement le couvercle et siffla d’admiration.
« hé bah mon vieux, il s’est pas foutu de notre gueule… » Il attrapa un morceau et mordit dedans, tendant le reste a son amie. Il sourit, légèrement absent, bizarrement cette pizza faisait remonter un souvenir « J’me souviens qu’à D.U.M.B.O , à New-York d’où j’suis originaire, y’avait une pizzeria un peu du même genre. John m’y emmenait parfois, il disait qu’il fallait que je cultive mes origines Italiennes si j’voulais séduire comme un rital. C’était une excuse pour que je lui paye une pizza bien sûr… le crevard… » ajoute-t-il tendrement.
Il aimait bien se souvenir en compagnie de Lou, parce que bizarrement, ça faisait moins mal. Ayant tous les deux perdu des êtres chers, peut être que parler permettais de raviver leur mémoire, tout en ayant conscience que notre douleur est comprise par l’autre.
Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas passé de repas aussi agréable, le plaisir de manger lui revint peu à peu, lui qui trouvait cela si futile et oubliait souvent de se nourrir passa un bon moment, en riant et parlant avec sa nouvelle amie. Il fit quelques folies, le junkie, mangeant presque trois part de Pizza, chose inhabituelle pour lui que de manger autant. Lou ne savait peut être pas qu’elle avait accomplie un exploit que de le faire manger autant en si peu de temps.
Mais, maintenant son corps devait s’occuper de digérer tout ce fromage, lui qui n’avait pas l’habitude d’autant travailler, et ajoutez cela a son état plus que fébrile, en plus de ses tendances narcoleptiques, vous voilà avec un Tom tout somnolant. C’est vrai que sa vue se brouillait au fil des minutes, que sa tête avait du mal à rester droites sur son coup, et que ses yeux semblaient vouloir se fermer pour ne plus se rouvrir. D’une main agitée de tremblements, il étouffa un bâillement. Il observa la main de Lou, pansée avec soin, il observa la peau rougie et meurtrie par l’aiguille, il observa la fleur de pavot, lui-même a moitié perdu dans les limbes du sommeil.




hors jeu:
 



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MessageSujet: Re: Un colis pour Mr Floyd ~ feat Tom Floyd   Mer 11 Juin - 20:49

Une belle conclusion
~ Ou comment border un ami. ~


Elle entendit le rire doux et serein du junkie malade, et cela la rassura quelque peu. Non, il ne lui en voulait pas. Parfait. Elle avait bien fait de prendre cette initiative. Elle sourit à son tour mais garda le silence. Elle était rassurée et tranquille. Elle sentit sa main lui ébouriffer les cheveux. A croire quelle n'était qu'une gamine.

« T’es une forte tête miss, j’me trompe ? J’aime bien ça… On te marche pas sur les pieds. »  

Oui une gamine, mais cela ne la dérangeait pas. Après tout elle s'était amusée rien qu'en tournant sur un tabouret. Elle continua d'ailleurs ce petit jeu. Garder une âme d'enfant ne pouvait pas faire de mal. Et puis elle aimait l'idée qu'on la prenne pour une dure à cuire. C'est en effet ce qu'elle était. Elle pouvait être très gentille mais mieux valait ne pas trop la chercher. Cela surprenait souvent les gens qui la connaissaient peu d'ailleurs. Plusieurs fois, certains s'y était frottés en pensant qu'elle se laisserait faire puisqu'elle était au premier abord d'un naturel très serviable. Ils n'ont plus jamais réessayé d'abuser de sa gentillesse. Tom la sortit de ses pensées en s’exclamant avec enthousiasme. Comme si la quinte de toux avaient permis à ses neurones de se reconnecter par accident.

« Attends… Des cheveux roses tu dis ? Mais… J’connais un type aux cheveux roses ! Ouais, c’est le doc qui s’occupe de moi à l’hosto. Isaac Flymel… Si ça te dis je t’emmènerai le voir. Je sais pas si y’a des chances que ce soit ton paternel, mais on peut toujours tenter. »  

Elle resta figée sur place un moment. Stoppée dans son élan pour tourner sur le tabouret, elle avait faillit ne pas s'arrêter et faire un tour complet. C'était la première fois que quelqu'un lui donnait un indice concret. Quelle aubaine ! Bon bien sûr, rien ne disait que tous les types aux cheveux roses faisaient partie de sa famille. Mais c'était tout de même assez important pour l'intéresser. Comme le disait le tatoueur, cela ne coûtait rien d'essayer. Elle avait une ou deux fois croisé des gens aux cheveux roses. Dans cette ville, cela semblait assez banal. Elle les avait suivi sans pour autant trouver ce qu'elle cherchait. A savoir, un mec assez âgé ayant le don d'illusion et pouvant se transformer en renard. Un Kitsune quoi... De nouveau, elle s'était perdue dans ses pensées. C'est le pizzaiolo qui l'en sortit en entrant pour les livrer.

Tom fut le plus rapide – qui l'eut cru vu son état quelques minutes plus tôt – et se dirigea vers le type pour le payer. Merde. Elle n'avait pas assez de liquide sur elle. Non seulement elle s'était permise de commander une pizza mais en plus elle n'avait pas pensé qu'elle n'aurait pas assez d'argent pour la payer. Ha oui, ça, ce n'était pas du tout correct. Cependant son hôte ne sembla pas s'alarmer et se réinstalla comme si tout était normal. Ha... Bien. Elle hésita quand même avant de se servir dans le petit carton qui dégageait une odeur très alléchante. Ce n'était que maintenant qu'elle se rendait compte à quel point elle avait faim. Mais elle se retint de se jeter comme une vorace sur le dîner et attendit que Tom se serve le premier. Elle sourit en le voyant ouvrir le fameux carton et humer le parfum qui s'en dégageait.

« Hé bah mon vieux, il s’est pas foutu de notre gueule… »  

Elle rit doucement, le regarda attraper une part et attendit qu'il lui tende le carton pour se servir à son tour. Elle croqua dedans avec engouement et s'extasia presque en mangeant.

« J’me souviens qu’à D.U.M.B.O , à New-York d’où j’suis originaire, y’avait une pizzeria un peu du même genre. John m’y emmenait parfois, il disait qu’il fallait que je cultive mes origines Italiennes si j’voulais séduire comme un rital. C’était une excuse pour que je lui paye une pizza bien sûr… le crevard… »  

Les deux gourmands discutèrent un bon moment. Parlant de tout et de rien. Mangeant et riant en même temps. Lou passa un très bon moment en compagnie du junkie maigrichon. Elle était heureuse de voir qu'il mangeait bien, contrairement aux sous-entendus de William. De plus, il semblait lui aussi profiter de cet instant. Mais finalement, l'effort de la digestion les rattrapa tous les deux. Ce fut Tom qui montra en premier des signes de fatigue. Et vous savez ce qu'on dit, le bâillement est contagieux et elle ne tarda pas à somnoler elle aussi.

- Bon c'est pas que je m'emmerde mais …. faut que j'y aille. Je crois que je serais capable de m'endormir sur ce tabouret, et je risque de me faire mal en tombant, si je pique du nez.  

Elle rit à sa blague mais seule. Elle se tut et écouta le silence. Elle n'entendait que le souffle régulier d'une respiration qui venait du trône de cuir. Elle releva la tête pour vérifier si c'était bien ce qu'elle croyait. Et oui, son nouvel ami venait de sombrer dans les bras de Morphée. Elle entreprit d'aller chercher une couverture qu'elle trouva abandonnée sur le canapé de l'arrière boutique et de l'étendre sur lui. Elle sourit en regardant le géant allongé dans le fauteuil. Les pieds dépassaient largement. Elle les emmitoufla dans la couverture en la retournant et la coinçant sous les jambes. Elle se rechaussa et remit sa veste. Puis elle sortit sans faire de bruit, sur la pointe des pieds et s'assura que la porte de la boutique était bien fermée avant de s'éloigner.

L'air était vif. L'orage avait permis aux températures de baisser considérablement. L'humidité suffocante avait laissé place à une légère brise fraîche. Elle regarda rapidement autour d'elle. Les rues étaient désertes. Ce n'est qu'à ce moment qu'elle se rendit compte à quel point elle était restée longtemps chez le tatoueur. Elle remonta le col de sa veste et s'engagea avec assurance dans les ruelles sombres, sourire aux lèvres. Cette rencontre amicale l'avait revigorée. Elle était ressortie de ce lieux changée. Son regard se porta sur sa main gauche. Le pansement transparent lui permettait d'observer le magnifique tatouage. Oui, désormais, lorsque qu'elle servirait ses clients, ceux-ci ne pourraient s'empêcher de remarquer cette jolie fleur de pavot d'un rose pâle comme ses cheveux. Elle reporta son attention sur le trajet et s'avança dans la nuit. Oui, ce n'était plus la même personne. Celle-là avait quelque chose en plus, sur sa main et dans son cœur.


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