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 Au royaume du silence, les poissons sont les rois [ Michael White ]

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MessageSujet: Au royaume du silence, les poissons sont les rois [ Michael White ]   Dim 29 Juin - 15:05


Smoke on the water.




Il sentait une main à nouveau prendre possession de sa tête, le plongeant dans l’eau. Encore une fois. Il sentait cette main au-dessus de lui, alors que tout son corps était dans l’eau, cette main qui l’empêchait de remonter à la surface pour reprendre de l’air. Et il avait beau se débattre rien n’y faisait, il était bloqué. Bloqué dans le silence, incapable de crier ou de réagir. Comme un cauchemar récurant, il se voyait lui-même, un double, au-dessus de lui essayant de le noyer. Est-ce que son profond dégout de lui-même avait fini par se matérialiser. Se haïssait-il à ce point ?
BAM.
« Ah ! …ah…ah…. »
Il était tombé de son lit, reprenant sa respiration douloureuse, erratique. Sortant enfin la tête de l’eau. Un rêve, ce n’était qu’un rêve. Un autre stupide rêve.
Tom resta un moment par terre, recroquevillé  sur lui-même en position fœtal. Il avait l’habitude de ces cauchemars, rendus si réalistes par son esprit malade. Mais cette fois il eut du mal à s’en relever, non. Il ne voulait pas se relever. Il n’en n’avait pas la force.
Ça lui arrivait des fois, des périodes où il n’avait envie de rien, où il sentait sa tête comme enfermée dans un brouillard, un spleen, et où il ne faisait que ressasser des idées noires sans bouger, des journées entières. Oui, en quelque sorte c’était des phases de dépression. Il avait des médicaments contre ça, il avait des médicaments contre tellement de choses aussi. Au final il finissait par douter de leur efficacité. Mais il les prenait tout de même, pour ne pas fâcher son médecin.

Le moment si propice aux hallucinations pourtant, le plus fort, c’était entre le réveil et le sommeil, état dans lequel d’ailleurs il était plongé. Il voyait danser devant ses yeux des arabesques noires, il voyait souvent au sol des serpents de fumée grise, opaque et qui pourtant scintillaient d’argent. Et il y avait la souris. Elle revenait souvent cette souris. Surtout pour lui faire la morale.

« Allons Tom ! Tu ne vas pas rester comme ça ! »

Le junkie ne répondit rien, il observa un instant cette souris noire comme l’encre, puis il se retourna sans dire un mot, mettant ses mains sur ses oreilles.

« Regarde-toi un peu… Debout allez ! »

C’était peine perdue, la souris était une hallucination, elle venait de sa tête. Il aurait beau se crever les yeux et les tympans il la verrait et l’entendrait toujours.

« Allez, lève-toi. Habille-toi. Prends tes affaires et suis moi… »

Le junkie fixa le vide, longuement et toujours en silence. Au fond, il n’avait rien d’autre à faire aujourd’hui. Il était seul, le magasin n’était pas ouvert. Peut-être valait-il mieux suivre la souris issue de sa tête plutôt que de rester comme ça, allongé par terre en train de se morfondre.
Les yeux toujours hagards il se leva, comme un pantin désarticulé et fila se préparer.


Il marchait maintenant dans les rues, la tête baissée. Une large capuche lui recouvrait la tête, masquant ainsi son visage aux autres, et ses yeux qui fixaient le sol avec obstination. Il avait sous le bras un étrange paquet, qu’il tenait comme si sa vie en dépendait. Ou peut être juste ne faisait-il pas attention que ses phalanges s’étaient blanchies tant elles paraissaient tendues.
Mais, ce n’était pas le sol qu’il fixait comme dit précédemment, il fixait la souris et l’écoutait parler. Elle était bavarde pour un petit bout de conscience.

« … Alors je lui ai dit : ‘‘ pour un fromage ? tant de sous ?  Non mais tu te fiches de moi !?’’. Évidement après ça elle ne m’a pas reparlé, mais que veux-tu que je te dise, j’suis plutôt quelqu’un de franc, et elle avait besoin qu’on lui dise ses quatre vérités. Si ça avait pas été moi ça aurait été quelqu’un d’autre tu vois… »

Elle marchait devant lui, sûre du chemin à prendre. Lui se contentait de suivre, de l’observer.
Un passant extérieur lui, n’aurait vu qu’un grand type marcher la tête baissée. S’il avait pu voir son visage, il aurait sûrement remarqué ses yeux compléments absents, lui conférant un air de somnambule tant ils étaient cernés par la fatigue.
Il suivait la souris sans savoir pourquoi, en fait même sa raison était partie en balade, sa tête était vide. Totalement Vide.

Il passa les portes d’un édifice, il ne savait lequel, toujours son paquet à la main. Il paya ce qu’on lui demanda de payer. Toujours déconnecté. Il ne remarqua pas les regards inquiets des gens autour de lui. Les regards emplis de méfiance. En même temps un homme encapuchonné, tatoué de partout – notamment un « death » très rassurant à chaque main -, percé, aux pupilles si dilatées qu’elles trahissaient sans mal une prise de stupéfiant régulière, et qui serrait un étrange paquet contre lui, cela pouvait en effet faire peur. Qui était-il ? se demandaient les gens. Un terroriste qui souhaitait faire sauter les poissons ? un voyou ? un trafiquant d’arme ? un dealer qui avait un rendez-vous ?
Les gens parlaient à voix basse, s’écartaient sur son passage, le regardant méchamment. Tom s’en fichait, oh que oui il s’en fichait. Il était complétement déconnecté de la réalité, c’est à peine s’il voyait les gens autour.

Il entra dans une grande pièce. Tout était bleu. Tout était silencieux. Tom s’approcha d’une vitre et laissa son regard se perdre dans l’eau qu’elle contenait.
Irrémédiablement les sévices de son cauchemar lui revinrent en tête, sans qu’il puisse les faire partir, et il se remit à suffoquer.
Il se réveilla soudain. Regardant autour de lui, ne comprenant pas… pourquoi était-il ici ? Pourquoi était-il en train d’hyper ventiler ? Il se força à se calmer tout en allant s’assoir sur un banc, où il avait posé son paquet. La tête lui tournait encore, mais il sut cette fois que c’était sa glycémie qui était en jeu. Il fouilla dans les poches de son sweat en sortit avec surprise une barquette de jus de pamplemousse. Il sourit, surement Lola qui avait glissé ça dans ses poches.
Il commença à la boire, faisant l’état des lieux. Il était à l’aquarium donc, la souris l’avait emmené là. Il s’approcha de la vitre une nouvelle fois et observa les poissons. Encore une fois, il se déconnecta du monde, mais plus calmement.

Autour de lui, il n’y avait que des poissons, leurs couleurs étaient si belles, il pouvait presque les toucher, les voir nager à côté de lui, sentir leurs écailles le frôler. Tout avait disparu. Le monde, les gens –la pièce était bien vide d’ailleurs-, son banc était devenu un tas de sable sur lequel il s’assit. Il n’y avait que lui, le silence et les poissons.
Il attrapa son paquet, celui qui semblait si suspect. Il en sortit un bloc de feuilles et des boites de pastels multicolores. Il prit ses aises : enleva ses chaussures, croisant ses longues jambes en tailleurs et commença à dessiner ces poissons qu’il voyait autour de lui. Dans sa bulle. Sa bulle de silence. Déconnecté du monde réel.






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MessageSujet: Re: Au royaume du silence, les poissons sont les rois [ Michael White ]   Lun 30 Juin - 21:36

H.R.P:
 


L'eau est une entité aqueuse dont la faune et la flore sont comme ses propriétés ; imprévisibles.


Confortablement allongé dans l'herbe fraîche du matin, Raven regardait les nuages au-dessus de lui défiler. Il finit par fermer les yeux, jambes croisées, ses rollers toujours aux pieds. Assez spécial que de pouvoir rouler sur de l'herbe ou de la terre, mais notre petit génie de la métallurgie avait rendu cela possible grâce à des roues trafiquées par ses propres soins. Les nuages qu'il avait vus ressemblaient à des animaux, comme une tortue et un dragon. Son visage était froid, d'une froideur inégalée malgré ses yeux clos, et aucun sourire n'était visible sur son visage. C'est ce moment que choisit Swallow pour lui envoyer un légère bourrasque, afin de lui dire qu'il avait tout de même du travail. Lorsqu'elle lui envoya une lame de vent, qui vint s'écraser sur son épaule, il grogna et se leva, pour partir en courant puis en se transformant en un gigantesque corbeau. Il survola sa demeure, et prit une minutieuse attention à gagner de la vitesse. Lorsqu'il fut sur les rives citadines du lac, il revint sous sa forme humaine, et courut de toutes ses jambes. Avec des rollers aux pieds, et oui, il ne fallait pas savoir que rouler avec des rollers, aucune utilité le cas échéant. Et surtout, vu la masse de gens présents dans les premières rues, rouler n'était même pas envisageable.

Il continua de courir, sachant très bien que Swallow devait vivre sa vie mais également qu'elle n'était pas loin pour autant. Il le savait, il en faisait autant avec elle, veillant à toujours être près au cas où... Au cas où quoi, par ailleurs ? Que sa maladresse ne le fasse malencontreusement rentrer dans quelqu'un qui tombera en arrière en faisant chuter un homme lambda s'avérant être un aristocrate doublé d'un Sorcier de l'Umbra scrupuleux quant au fait que les Démons devaient les protéger et qui... Les pensées méfiantes de Raven s'écoulèrent à une vitesse vertigineuse, bien que son attention était focalisée sur les moindres pas qu'il faisait. Il s'arrêta de courir, et se mit à circuler lentement avec ses patins. Il regarda autour de lui, ne reconnaissant pas le moins du monde les lieux qui l'entouraient. Une fois de plus, il s'était perdu dans la ville en voulant semer son amie, sa seule et unique amie qui était la seule et unique personne à pouvoir le sortir de ce seul et unique faux pas. Et, naturellement, comme il avait besoin de son aide, elle ne se montrait pas. Sa manière de lui dire qu'il devrait prendre garde à ce qui avait autour de lui au lieu de regarder ses pieds. Il s'étira sommairement, et remarqua que plus il avançait, plus le monde semblait le fuir, plus la fréquence d'êtres vivants qui marchaient diminuait.

Et, parmi les rares présents, tous se dévisageaient avec méfiance. Aucune confiance en eux pour agir de la sorte, pensa notre Corbeau avec une pointe de sarcasme. C'était lui, la méfiance incarnée, qui disait cela ; à croire qu'il se payait du monde entier. … Ou bien qu'il se payait de sa propre tête, ce qui était exactement le cas ; après tout, il était passé maître dans l'Art de l'Auto-dérision ou, comme il le disait lui-même, « l'Auto-clash ». Il ajusta plusieurs fois ses mitaines noires, et inclina légèrement le buste afin de prendre davantage de vitesse. Ses rubans au bout crochetés voletaient derrière lui, accrochés à son ample pantalon noir qui lui tombait sur les hanches. Avec son tee-shirt orange rayé noir et sa veste noire assortie à son pantalon, sans compter son bandana blanc qui lui cachait un œil, il avait l'air d'un rebelle qui vivait dans les bas-fonds de la ville. Et son visage glacé agrémenté d'une paire d'yeux meurtriers et d'un sourire en coin distant n'arrangeaient aucunement cette vision. Surtout que son sourire et cette expression n'avaient duré qu'une seconde à peine. Le voilà qui retrouvait son visage complètement inexpressif, rien ne se lisait sur son visage ou ses yeux, pas même le vide ou le néant. Les rues se remplirent peu à peu, et Raven prit un malin plaisir à esquiver ceux sur son passage au très dernier moment. Certains souriaient, d'autres grognaient, d'autres encore se retournaient avec virulence, selon les habitudes de tout un chacun.

Il freina soudainement, exécutant un parfait demi-tour qui témoignait de son expérience. Le quartier culturel de la ville regroupait d'endroits qu'il affectionnait tout particulièrement visiter. Après tout, il avait gardé une curiosité enfantine, et, malgré son caractère, il n'en faisait pas moins honneur à son apparence. Sur certains points, il était resté totalement puéril. Où Raven avait freiné aussi brusquement que soudainement... ? Devant un plan qui désignait l'emplacement des merveilles de ce quartier, paupières closes, car n'ayant aucune idée de là où il allait aller. Il appréciait tout ce qu'il y avait dans les environs, que voulez-vous y faire... Il leva son bras, et pointa son index au hasard sur la carte. Doigt qui désignait l'Aquarium, ce pourquoi ses yeux s'illuminèrent de joie un court instant, avant de reprendre son inexpression obsessionnelle. Quiconque ne sachant qu'il était un démon... Non. Quiconque se fiant à son apparence le prendrait à coup sûr pour un pré-ado vivant dans des milieux peu recommandables, illégaux dans tous les cas. Il s'étira longuement, bailla une bonne fois pour toutes et fila à la vitesse du son vers l'Aquarium, slalomant entre les personnes présentes sur le trottoir.

Il regarda autour de lui brièvement, ne repéra pas Swallow mais ne s'en formalisa pas pour autant ; si elle ne voulait pas se montrer, elle ne se montrera pas. Après tout, ils faisaient exactement pareil tous les deux, c'était pour ça qu'ils se comprenaient aussi bien ; ils avaient tant de similitudes... Qui ne les rapprochaient pas pour autant, cela dit... Pour la seconde fois, il s'arrêta net. Il avait manqué de peu l'entrée de l'Aquarium. Il s'y engouffra et se dirigea vers... Comment s'appelait cet endroit clos qui lui donnait des sueurs de claustrophobie ? Un guichet, sans doutes... ? Toujours est-il qu'il s'y dirigea afin de payer son entrée, sortant sa credit card en faisant arquer un sourcil de la jeune femme derrière le comptoir-surmonté-de-verre. Et bien ? Ah oui, les ados de 14 ans ne se baladaient pas avec une carte bancaire d'ordinaire, encore moins avec les vêtements qu'il portait... Et bien, s'il sortait ses billets, cela n'allait pas s'arranger, il n'avait pas de fortune en cash. Et il était un véritable conservateur en ce qui concernait les pièces, si bien qu'il ne s'apprêtait aucunement à en donner une seule à qui que ce soit. C'est en ayant son billet d'entrée en main, visage et gestes inexpressifs qu'il emprunta silencieusement un escalier. Oui, silence et rollers ne sont pas à dissocier. Et c'est le visage inexpressif qu'il regardait les alentours, entouré de créatures aqueuses qu'il aurait voulu toucher, nager avec eux, même si certains bassins comptaient de vrais prédateurs.

C'était eux que Raven appréciait par-dessus tout. Les requins qui occupaient tout un bassin, recouvrant son côté gauche et la moitié de ce qui aurait dû être un plafond. Il se perdit dans la contemplation des requins en tous genres, ne remarquant même pas que l'endroit n'était pas aussi vide qu'il le pensait au premier abord, ou que le bassin d'à côté était composé uniquement de poissons en tous genres, tout aussi magnifiques. Mais il n'y pouvait rien ; de nombreuses fois, sa famille le comparait avec les requins. Disant qu'il en imposait autant que l'un d'entre eux par son aura glacée, solitaire et distante, mais que, paradoxalement, il était tout leur contraire. Et c'est justement ce fait qu'il ne comprenait pas ; en quoi était-il différent de ce prédateur aussi dangereux que distant ? Il se laissa tomber sur un banc qui traînait par là, s'asseyant dessus à l'envers afin de voir les prédateurs nager ou le regarder de leurs yeux de tueurs. Ses jambes passées entre le dossier du banc et là où il était censé poser ses fesses. Censé parce qu'à présent, il était assis en seiza, un calepin à la main, un stylo artisanal décoré de quelques petits corbeaux volant dans le ciel nocturne.

L'Envol dans les abysses

Aux animaux qui nagent dans des cages aqueuses
Qui n'ont jamais vu la clarté céleste, libre
Unis seulement dans une cage vitreuse

A ces êtres, il leur faut garder en fibre
Réminiscences du passé, et vision de l'avenir ;

Ils sont les seuls à connaître la liberté
Une valeur qui se sait que par les enchaînés
Munis d'une pensée insaisissable et sans ire.


***

Liberté aqueuse

Beauté bien cachée
Beauté découverte
Beauté à questionner ;

Les ailes pour toujours naissent
Enlacées par la magnificence de l'essence.

Il relut son calepin et en tourna la feuille, sans se rendre compte que sa maladresse décida bon d'intervenir et faire en sorte que son geste soit trop brusque et qu'il en arracha le papier. Papier qui tomba sur les genoux d'un artiste assis à côté de lui qu'il n'avait même pas remarqué, et qui de toutes façons ne semblant pas l'avoir vu non plus. Il tapota son stylo sur son calepin, et cette fois-ci s'apprêta à rédiger une nouvelle qui lui était venu à l'esprit. Mais il remarqua vite quelque chose, qu'il n'écrivait pas au dos du support où ses deux poèmes étaient censés être écrits au recto. Il regarda à côté de lui et, lorsqu'il vit enfin que quelqu'un dessinait à ses côtés avec ses trésors sur ses genoux, il prit très vite sa feuille et s'extirpa du banc pour rouler silencieusement plus loin. Son visage inexpressif était décoré de ses yeux semblables à ceux des tueurs en série. Il décida donc de s'asseoir, adossé à la vitre qui était le seul obstacle entre lui-même et les requins qui nageaient derrière lui. Il recopia ses poèmes sur la première feuille de son calepin, et plia celle qui était arrachée pour la ranger dans une poche interne de sa veste.

Il ferma les yeux, tourna la feuille, et les rouvrit sur le verso de ses deux écrits. Tapotant son calepin de son stylo. Aussi vite qu'elle était venue, son idée avait disparu des méandres de son cerveau. Il passa sommairement sa main dans ses cheveux, son visage s'étant fait impassible, et ses yeux d'une froideur glaciale à geler mortellement l'univers. Notre petit corbeau était passablement agacé d'avoir perdu son idée, et passablement agacé que sa maladresse le plonge dans des situations aussi embarrassantes. Il n'aimait effectivement qu'un quelconque être vivant puisse lire ce qu'il écrivait, végétaux et certains animaux mis à part. Ce n'était qu'un passe-temps, certes, mais il ne supportait pas cette idée. Et, en plus, il ressassait des pensées sans intérêt au lieu de déployer son énergie à retrouver l'idée qui l'avait traversé. Et cela ne faisait que l'agacer davantage, passant son agacement au rang supérieur, l'irritation.

- Why is my imagination get out of my control... Holly shit...

Et pourquoi il se mettait à dire ce qu'il pensait... Sa voix était une voix androgyne, un soprano grave étonnant, d'une froideur incroyable pour l'enfant qu'il paraissait être. Un pré-ado de treize ou quatorze ans. Sauf que des gamins de cet âge-là ne pouvaient pas avoir ce regard froid sur une expression aussi... inexpressive et impassible à la fois, justement. Et l'aura glacée, solitaire et distante qui l'entourait montrait qu'il n'était pas qu'un simple gamin. Holly shit, indeed...
Code de Frosty Blue de Never Utopia




Dernière édition par Michael White le Mer 22 Oct - 15:08, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Au royaume du silence, les poissons sont les rois [ Michael White ]   Mer 2 Juil - 16:24


Freezer.



Un seul bruit rompait le silence si parfait qui régnait dorénavant dans l’aquarium. Un son discret et langoureux que le junkie affectionnait particulièrement. Le doux frottement du pastel sec contre le grain épais de son papier. C’était pour lui quelque chose de très jouissant que de dessiner, entendre ces deux corps étrangers qui se frictionnent, sentir sous la pulpe de ses doigts le dépôt de pigment coloré, pour l’appuyer un peu plus sur le papier pour faire apparaitre couleurs, formes et courbes sur cette surface auparavant vierge de toutes traces. Il fallait en quelques sorte s’approprier la feuille, la séduire, lui prodiguer des caresses pour qu’elle accepte enfin de mettre en forme vos fantasmes les plus fou, pour qu’elle mette en image votre imagination. Votre réalité.
Le monde réel semblait bien fade à côte de celui de Tom, celui dans lequel il s’était pour l’instant enfermé. Il avait la tête, le corps, l’esprit totalement immergé dans l’eau au milieu des poissons. Et c’est ce que l’on pouvait voir sur sa feuille qui était maintenant recouverte de milles poissons de toute les couleurs. Milles poissons, des mélanges de poissons, des poissons monstres, des poissons beaux, des poissons laids, des poissons avec des jambes, des poissons avec des bras. Oui. Parfaitement des poissons très étranges en plus de ceux qui étaient visible. Pourquoi Le brun devait-il juste peindre ce qu’il voyait, il ne faisait jamais ça. Les poissons avaient peut être envie de jambes ? A quoi ressembleraient ils avec des bras ? et si nous les habillions un peu ? un haut de forme ? un monocle ? oh, et puis rajoutons des cornes ! et une troisième nageoire ! et si je tatouait un poisson a quoi ressemblerait-il ….
Dans sa rêverie il aperçut quelques phrases.

« Aux animaux qui nagent dans des cages aqueuses
Qui n'ont jamais vu la clarté céleste, libre
Unis seulement dans une cage vitreuse »


D’où venaient elles ces phrases qui disparurent aussi vite qu’elles lui étaient apparu ? Il avait dû les lire sur quelque chose, mais il ne se formalisa pas, déjà inspiré par ces quelques vers. Ah les poissons devaient être bien tristes dans leurs cages, et si il leur dessinait des ailes ? et des casques remplis d’eau pour leur permettre d’aller dorer leurs écailles près du soleil. Alors ses dessins avaient fait de ces poissons ses petits Icares. Dessinant, il donnait vie, il était un pygmalion, un sorte de dieu créateur. Mais jamais, jamais une gomme ne viendrait effacer ses nouvelles créatures, il n’était pas de ceux qui aimaient prendre la vie….
Cela aurait pu continuer longtemps, l’imagination de Tom étant sans limites. Mais une chose vient à perturber sa concentration, cette concentration aux airs inébranlables et qui pourtant semblait plus fragile qu’un château de cartes. Château qui s’effondra lorsqu’une petite secousse vint heurter le banc, rien de bien grand , ni de bien fort, mais juste assez pour faire déraper la main du brun qui stoppa tout de suite ses gribouillages, et resta aussi immobile qu’une statue pendant quelques instants le temps de se réveiller.
Mais non, il ne se réveilla pas vraiment, pas réellement. Il avait juste fait entrer à l’intérieure de sa tête un nouveau sujet. Il se retourna et observa cette chose qui venait de troubler sa concentration. C’était un garçon, plutôt jeune, beaucoup plus jeune que lui en tout cas, et qui pourtant par le regard, jaune et glacial, semblait bien vieux. En tout c’était un paradoxe , un étrange mélange qui faisait que l’œil était irrémédiablement attiré par ce personnage.
Tom pencha la tête, ses yeux couleur or totalement absent, effacé,  observèrent leurs homologues plus vif et glacials qui ne semblaient pas daigner leur accorder un seul regard. Mais relevant un peu la tête observant la scène dans son ensemble, il sentit la fièvre folle nommée inspiration remonter dans ses veines.
Il pouvait d’ici sentir la froideur, le vent glacial produit par l’âme du garçon. Celui-ci plongé dans son carnet, écrivant, était totalement indifférent à l’observation dont il était le sujet. Il était adossé à la vitre, sereinement, comme s’il se fichait de savoir que le verre n’était qu’un faible rempart contre la puissance destructrice contenue dans ces tonnes d’eau, ces prédateurs aux dents longues dont la froideur et le silence n’avaient d’égal que la cruauté.  Mais le paradoxe revenait encore, offrant une scène étrange, effrayante et tellement, tellement fascinante aux yeux du junkie.
Le corps d’enfant qui semblait si fragile, si petit contre l’immensité des requins qui semblaient nager autour de lui, presque pouvant le frôler. Et pourtant cette même similarité dans leur aura : leur indépendance, leur froideur. Cette même froideur inscrite sur le visage du gamin. Ô combien il était rare de voir un enfant avec une expression si… neutre sur le visage, si indéchiffrable. Tom frissonna, oui, tout son corps fut pris d’un léger tremblement et il lui sembla que la température de la pièce avait d’un coup baissé de dix degrés. Mais c’était dans sa tête tout ça. D’ailleurs peut être que le gosse aussi était dans sa tête. Oui, au final il n’était peut-être que le fruit d’une énième hallucination. Mais d’où venait alors cette froideur qui lui glaçait les os et semblait n’être que la répercussion de l’aura du garçon sur sa personne ?  Dans quel étrange état le mettait-il ce mystère aux cheveux bleu-noirs, alors qu’à la glace de ses os se rajoutait la fièvre de l’inspiration qui reprenait le pas sur lui. Encore ses mains, ses grandes mains aux longs doigts fin pareils à des pattes d’araignée tatoués de toutes parts, se mirent à s’agiter reprenant fusain et pastels, recommençant leur manège sur papier. Il voyait cette chose devant lui, ce paradoxe émanant de ce gamin à l’aura animale, noire, il était le seul présent, il était le seul à le voir. Cela le conforta dans l’idée que peut être, une fois de plus, son esprit lui jouait des tours. Mais il s’en fichait, on lui offrait l’inspiration, on lui offrait le moyen d’exprimer son art alors il le prenait. Pour lui, cet instant, ce moment était très intense.

« Why are my imagination get out of my control... Holly shit... »

Encore une fois, ce fut le gamin qui balaya son château de carte, de cette phrase qui en tombant dans le silence le rompit de toute part. Tom compris cette fois, qu’il avait affaire à une personne réelle, car cette voix résonnait dans l’espace vide de l’aquarium, et non pas dans sa tête. Il était maintenant presque réveillé, douloureusement comme si cette voix l’avait trainé à terre jusqu’à la réalité. Dans ses yeux s’était un peu rallumé le flambeau de la vie, toujours tinté d’absence certes, mais il semblait un peu plus présent dans le monde des humains.
Cette voix, elle résonnait encore à ses oreilles, elle renforçait encore le paradoxe qui entourait ce gamin. Le silence ayant repris ses droit, Tom ne sut trop quoi répondre, aussi répondit-il automatiquement.

« ‘cause imagination isn't something you can control… And kid ... Switch off the freezer… tu vas geler les poissons dans leurs bocaux.»

La voix du junkie était encore un contraste avec son apparence mais pourtant lui correspondait tellement bien, elle était grave et douce, calme, rendue un peu grésillant par la cigarette. On pouvait facilement deviner son origine lorsqu’il parlait ( anglais bien sûr ), on reconnaissait l’accent de New-York, l’accent des gens des bas-fond par milles fois empreint de sonorités diverses à cause de l’émigration et du mélange des cultures.
Pourquoi avait il répondu si vite ? si spontanément ?
Pourquoi  tout son corps était-il pris de tremblement encore plus convulsifs ? il regardait son propre corps, fronçant les sourcils sans comprendre. C’était peut-être à cause de l’effet de l’aura de ce gamin, c’est vrai qu’elle laissait entrevoir quelque chose d’étrange, de surnaturel. Mais ce genre de choses n’étaient visibles qu’à lui, le fou, l’extra-sensible. Mais cette présence était tellement froide qu’elle gelait tout son être, aussi était-ce pour cela que dans sa semi-plaisanterie il avait demandé au petit «  d’éteindre le congélateur ». Son âme était glaciale. Et lui ressentait au centuple.
Il baissa les yeux sur le dessin qu’il venait de faire, représentant ce gamin aux cheveux sombres, à l’œil masqué et aux habits enrubannés, si glacial dans son écriture, entouré de ces requins qui flottaient autour de lui… mais un détail fit tiquer Tom… Pourquoi diable avait-il dessiné sur la peau de l’enfant quelques plumes duveteuses d’un noir corbeau ?  






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MessageSujet: Re: Au royaume du silence, les poissons sont les rois [ Michael White ]   Jeu 3 Juil - 1:05


Un vrai prédateur est indomptable mais reste calme devant ses proies...


- Why is my imagination get out of my control... Holly shit...

Rien que sa voix et son aura faisaient passer le désert glacé tout droit sorti des ténèbres qu'il était. L'imagination... Quelque chose qui lui servait tant, ne serait-ce qu'en tant qu'artisan et artiste. Car en effet, sans son imagination, il aurait été impossible qu'il crée autant d'objets, de sculptures en métaux, ou sculpte des bas ou haut relief dans des plaques d'acier. Sans son imagination, jamais l'idée d'écrire ne lui serait venue à l'esprit, et l'écriture n'aurait pas pris autant d'importance pour lui. Importance... ? Disons plutôt dépendance, c'était cela oui, Raven était totalement dépendant du simple geste qui lui permettait d'écrire, et c'était encore plus puissant qu'un drogué, il ne pouvait absolument pas se contenir ; s'il n'écrivait pas en trois heures, que ce soit dans le vent, dans l'eau, sur du papier, qu'importe la matière, il deviendrait une toute autre personne. Ne riez surtout pas, cette remarque était parfaitement calculée, et n'a pas été dite uniquement pour que vous saisissez la portée que l'acte d'écrire avait ou n'avait pas chez notre corbeau.

Le bruit d'un tapotement de stylo contre un calepin se faisait toujours entendre à intervalles régulières. Ses pensées vagabondes reprirent de plus belle. Ce qu'il disait sur l'imagination, non, sur son imagination était plus que vrai ; et que quelqu'un ait réussi à approcher son monde l'était tout autant. C'était bien pour des détails comme celui-ci, ou encore pour le fait qu'il n'arrivait toujours pas à attraper cette bloody idea qui était bien déterminée à griller ses neurones d'énervement, que son irritation allait crescendo, lentement cela dit. Si il y a bien quelque chose qu'il souhaitait maîtriser, c'est son imagination et, comme à chaque fois qu'il croyait l'avoir domptée, maîtrisée, elle lui échappait des pensées pour lui prouver qu'elle était tant incontrôlable qu'insaisissable. Et, en ce qui concerne des idées de nouvelles, de poèmes, bref d'écrits en tous genres, il avait horreur de ne rien contrôler. ... Non, c'était faux. Dans le contexte où quelqu'un avait réussi à apercevoir ses vers, et qu'il fallait qu'il écrive pour évacuer la pression, il avait horreur d'avoir plein d'idées qui passaient et qui repartaient dans la nanoseconde qui suivait. Oh que cela l'irrit...

- ‘cause imagination isn't something you can control…

Son visage, jusque là inexpressif, montra un semblant de vie. Un sourire naquit sur ses lèvres, oui, enfin une normalité, un acte que ferait tout gosse qui se respectait. Sauf que son sourire à lui était froid, avec un petit quelque chose qui venait apporter un côté incisif, oui, c'était cela, un sourire gelé teinté de moquerie. Et non, en fin de compte, cet acte censé être normal ne l'était plus chez lui ; tout n'était que froideur chez ce petit être d'à peine un mètre soixante six. Même s'il entendait la voix calme et grave dudit artiste-peintre, il ne s'en formalisa pas pour autant et continua de tapoter sur le calepin de son stylo. Comme s'il n'avait absolument rien entendu, comme s'il ignorait cette voix qui avait résonné dans la salle vide de l'Aquarium vide – de visiteurs s'entend –, comme si ce son n'avait jamais existé et que ce sourire atypique n'était destiné qu'à lui-même, comme s'il était totalement atemporel, hors de cet espace-temps, mais un seul élément vint faire pencher toutes ces hypothèses, et cet élément-là aurait pu être son sourire... Qui avait déjà disparu, qui n'avait tenu que quelques secondes avant de laisser son inexpression faire sa loi sur les traits du petit Corbeau.

- And kid ... Switch off the freezer… tu vas geler les poissons dans leurs bocaux.

Il était là sans être là, et n'avait jamais cessé d'être ainsi pendant un bon bout de temps, se fichant royalement de ce qui pouvait l'entourer, sauf pour les requins & les autres animaux et végétaux peuplant l'Aquarium ; il était venu pour eux, pour les voir, pour les faire s'envoler, pour leur faire goûter la liberté à travers ses mots, après tout. Pourtant, lorsqu'il entendit « Switch off the freezer », sa tête se releva et son unique œil de chat de couleur jaune s'ancra dans les pépites dorées de cet inconnu qui avait réussi à capter son attention. Raven était toujours aussi inexpressif, mais son aura glacée, solitaire et distante perdit du terrain, en étant encore largement présente. L'intensité de sa froideur avait juste très légèrement, et certainement pas de manière significative, baissé. Seul un fou ne savait pas combien le « zetsu », ou le fait d'interdire son aura de sortir de son corps, était et épuisant pour le corps, et éreintant pour l'esprit, et la pire stratégie à adopter lorsqu'on souhaitait tout sauf se faire repérer. Il continua de le fixer sans cligner une seule fois de son seul œil visible, son bandana blanc cachant son œil droit, et continua à ne laisser rien passer sur son visage, pas même le vide ou le néant ou encore la neutralité. Inexpression.

Il ferma ses yeux et se leva pour se retourner, dans l'intention de regarder les requins nager de leur grâce prédatrice qui attirait tant le gamin, mais se retrouva nez à nez avec un requin au teint bleu-gris qui le fixait de ses yeux rouges, sans bouger. Raven soutint ce regard de son œil jaune, aussi immobile que ne l'était le requin, et ils semblaient se lancer un regard prédateur que l'un renvoyait très bien à l'autre et inversement. La vitre paraissait être un bien faible rempart face à ces deux êtres, nous pourrions même dire animaux tant leur comportement ressemblait à deux prédateurs qui jugeaient de la force de l'autre et s'ils pourraient attaquer sans se tuer et quelle partie de leur corps allait forcément sauter. Tous deux étaient un océan calme, glacé pour l'un des deux, et s'observaient toujours. Finalement, c'est exactement au même moment qu'ils détournèrent le regard et que le requin alla voir ailleurs. Du temps avait dû s'écouler, le Bleuté aurait pu regarder ce requin ainsi pendant des journées entières sans aucune interruption tant il était à l'aise. Surtout que son irritation avait plié bagages et était partie, peut-être le but de ce requin était de lui rappeler que tout bon prédateur gardait son sang-froid, extérieurement et intérieurement, et que le petiot possédait donc le respect de ce requin pour qu'il agisse de la sorte. Raven passa sa main dans sa chevelure nocturne, allez donc savoir pourquoi ce requin avait décidé de se planter juste derrière la vitre et de jouer aux statues. Il sortit ses écouteurs, passés à l'intérieur de son tee-shirt pour plus de discrétion, et les mit dans ses oreilles après avoir activé son mp3 vieillot et démodé bleu et noir qui avait un port USB. Légère musique dans les oreilles, légère au sens que le son n'était pas très fort histoire que la salle n'entende pas ce qu'il écoutait, il se détacha de sa contemplation des requins avec ses mains au fond de ses poches.

- Yeah, 'cause imagination is freedom...

Sa voix venait de briser le silence, cette voix glaciale qui semblait si bien le caractériser, mais qui ici était teintée d'une distance incroyable. N'importe quel voyageur aurait reconnu cet accent new-yorkais caractérisant l'anglais de l'artiste-inconnu, tout comme n'importe quel voyageur aurait reconnu l'accent d'Oxford de Raven. Comme disaient ses parents « quitte à être né en Angleterre, autant en profiter », ce qui n'empêchait pas le gamin de s'adapter à tout type d'accents, d'où le fait que le sien gardait certes cet accent oxford parfait, mais était aussi teinté de la prononciation new-yorkaise qui mangeait son accent natal. Un mélange assez particulier, mais qui faisait implicitement comprendre que le petiot n'aimait pas étaler sa science ; encore fallait-il le comprendre ainsi... C'est ce qui se ressentait comme une éternité plus tard qu'il se décida à ajouter, de la même voix que plus tôt, mais qui ici avait une délicieuse intonation malicieuse. Un malice glacé jusqu'à la racine et distant jusques aux os, mais un malice toutefois présent, malgré les deux géants qui se mélangeaient dans la voix du Bleuté, alors que son unique œil était rivé et fixé sur celui qui l'avait tantôt interpellé.

- It isn't somethin' I even could control..., il marqua une longue pause et reprit, malice parti de sa voix, remplacé par une cruauté qui d'emblée sonnait comme une cruauté de façade. Qu'ils gèlent.

Pourquoi cette cruauté sonnait comme une cruauté de façade ? Dans sa voix, on pouvait deviner l'implicite de sa phrase, qui ne disait non pas « qu'ils gèlent », mais plus exactement « gèles donc, j'peux rien pour toi, man », car pour Raven, la remarque du brun sur les poissons était une métaphore dudit brun qui se sentait glacé. D'où le fait que, quand il avait parlé de freezer, l'attention du petiot avait de suite était attirée vers l'artiste-peintre-inconnu, que voulez-vous, son intuition avait tiqué à ces paroles, et c'est son instinct qui avait répondu. Donc, pour terminer notre exposé condensé, sa cruauté n'était en fait que le reflet de sa voix lointaine, distancée par rapport à ce qui se passait autour de lui, ce qui rendait ses propos cruels là où ils n'étaient que le fruit de la froideur mélangé à une prise considérable de recul. Nous vous l'avions dit... Le petit Corbeau était toujours là sans être là, car là réside la spécialité et la magie des corbeaux...

Il avançait désormais, se fichant de nouveau de ce qu'il entourait. Pas comme si il faisait semblant d'ignorer qu'il y avait quelqu'un dans la salle, non, il n'ignorait personne puisque, pour le petit Corbeau, il n'y avait effectivement personne. La même musique toujours dans les oreilles, qui se répétait en boucle, il s'accroupit juste devant les poissons et, presque instantanément, son aura glacé disparut. Comme... Balayée par un souffle brûlant qui venait d'on-ne-sait-où pour repartir aussi vite on-ne-sait-où. Un océan calme où seul régnait la stratégie, une froideur glaciale et la quiétude, voilà ce que son aura disait, si toutefois quelqu'un parvenait à la localiser maintenant qu'elle avait disparu on-ne-sait-où, alors qu'il regardait les poissons, la faune et la flore de ce bassin qui étaient séparées de celui des prédateurs par une clôture inviolable et qui représentait l'exact milieu de ce qui aurait dû être leur plafond. Aussitôt, il se remit à écrire sur son calepin et, en à peine une minute, un poème sortit de ses doigts et son stylo.

Impalpable ciel aquatique

Porté par les ailes de la solitude
Oublié par la raison et l'habitude

Inaccessible si on tente de le maîtriser ;

Ses membres ont l'Imagination et puis l'accès
Ses membres sont tous ceux qui se sont emprisonnés

Ourdissant le ciel céleste d'une toile d'araignée
Notre ciel aquatique par les poissons est tissé.

Code de Frosty Blue de Never Utopia


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Au royaume du silence, les poissons sont les rois [ Michael White ]

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